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Actualités Publié le 06 octobre 2022

Chantenay : une halte de nuit pour les femmes sans-abris

Depuis ce mois d'avril, une halte de nuit gérée par les Eaux Vives a ouvert ses portes à Chantenay. Elle accueille tous les soirs une quinzaine de femmes sans-abris dans un cadre réconfortant et sécurisé.

15 femmes sont accueillies chaque soir par l'équipe des Eaux Vives ©Romain Boulanger
15 femmes sont accueillies chaque soir par l'équipe des Eaux Vives ©Romain Boulanger

C’est dans un bâtiment de la Ville de Nantes, quartier Bas-Chantenay, qu’une halte de nuit de quinze places a ouvert ses portes en avril dernier. Tous les soirs, des femmes sans-abris sont accueillies par une équipe de six travailleurs sociaux des Eaux Vives ainsi que des bénévoles. « Ici je me sens en sécurité, nous partageons tout, échangeons et cuisinons ensemble. Même si l’on ne s’arrête qu’une nuit, ça permet de laisser les problèmes du quotidien à la porte. C’est une famille solidaire et harmonieuse qui se construit ici », témoigne Marie-Françoise, usagère de la halte de nuit. « On se sent très seule et vulnérable dans la rue, surtout quand on est une femme. C’est pourquoi il est si important de se sentir accompagnée et accueillie dans la bienveillance », confie Marilyne avec émotion. Elle vit dans la rue depuis qu’elle a quitté son conjoint.

De 18h à 9h du matin, les travailleurs sociaux des Eaux Vives et les bénévoles se relayent pour offrir une bulle de réconfort aux femmes : « dortoirs, sanitaires, cuisine commune, espace zen, notre objectif c’est qu’elles ne manquent de rien et puissent se reposer et prendre du temps pour elle, en sécurité », précise Solenn, salariée des Eaux Vives. Mais au-delà de l’accueil d’urgence, l’association réalise un travail d’accompagnement très important : la réinsertion. « Accueillir spontanément n’est pas suffisant, continue Solenn, C’est pourquoi nous travaillons avec différents partenaires sociaux, comme 5Ponts, pour aider les femmes à se sortir peu à peu de la rue. L’accès aux droits, le travail ou encore la santé sont des éléments essentiels pour permettre à ces femmes de retrouver un logement et de vraies conditions de vies dignes.»

Pérenniser les lieux d’accueil

La crise sanitaire a provoqué une forte hausse de la précarité. Certains ménages, déjà fragiles avant la crise, se sont retrouvés dans des situations très précaires. « Aujourd’hui on voit de plus en plus de femmes à la rue ainsi que des familles, regrette Abbassia Hakem, adjointe à la Ville de Nantes en charge des solidarités. Nantes est une ville solidaire, c’est pourquoi nous continuons de mettre en place ces dispositifs de mise à l’abri, tout au long de l’année, pas seulement pendant les basses températures. » Au printemps dernier, les Assises des Nouvelles Solidarités ont mobilisé les grands acteurs solidaires du territoire. Les échanges et les pistes dressées pendant ces rencontres permettront de continuer et de renforcer l’action collective face à la précarité.

« En collaboration avec l’État, dont c’est la prérogative, la Ville de Nantes se mobilise au-delà de ses compétences, pour mettre le plus grand nombre de personnes à l’abri, précise Robin Salecroix, élu métropolitain délégué à la Grande Précarité. En tant que sixième puissance mondiale, la France doit donner l’exemple et pouvoir mettre à l’abri les plus fragiles en multipliant et pérennisant les lieux d’accueil. Heureusement, nous pouvons compter sur une mobilisation collective. »

Pour trouver une place en halte de nuit ou en hébergement d’urgence contactez le 115.