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Actualités Publié le 10 août 2021

En maraude avec les bénévoles d’À l’écoute de la rue

Été comme hiver, les bénévoles d’À l’écoute de la rue partent à la rencontre des personnes sans-abris pour garder un lien et les orienter dans les problématiques qu’elles rencontrent au quotidien. Récit.

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Les bénévoles saluent une personne sans-abris. (Crédit : Romain Boulanger)

Jeudi 5 août. Il est 14h, place du Commerce à Nantes. Christine et André, bénévoles de l’association À l’écoute de la rue, s’apprêtent à commencer une maraude. Dans leur sac, un thermos de café, des gâteaux, de l’eau, mais aussi des chaussettes neuves ou encore le guide Urgence Sociale de la Ville.« Été comme hiver, les personnes sans-abris ont besoin de soutien, d’une écoute attentive et d’informations pratiques. Nous sommes là pour ça, aux côtés des services publics et d’autres associations comme la Croix-Rouge », explique André, enseignant retraité. Christine, sa camarade énergique et souriante, confie donner presque tout son temps libre à l’association en effectuant plusieurs maraudes par semaine : « J’ai survécu à un gros problème de santé. Depuis, j’ai envie de rendre la chance qu’on m’a accordée à celles et ceux qui en ont besoin. Au fil des années, j’ai pu tisser de vrais liens avec bon nombre de personnes sans-abris. Maintenant, dès qu’elles aperçoivent ma casquette, elles viennent me saluer et discuter », raconte-t-elle.

Premier arrêt en bas du Passage Pommeraye. Christine et André discutent avec Camille (ndlr : tous les prénoms ont été changés), qui vient de subir une lourde opération de la jambe. Ils lui rappellent les bons réflexes d’hygiène pour s’assurer qu’il cicatrise correctement. Plus loin, quartier Crébillon, ils rencontrent Lucas, originaire de Bordeaux et tout juste arrivé à Nantes. Il ne sait pas où se doucher. Christine et André lui donnent un plan de la ville en y plaçant l’espace Agnès-Varda et l’invitent à se présenter à la friperie solidaire Dingue-Fringue pour trouver des vêtements propres. À quelques mètres, Adrien, la trentaine, a perdu son travail lors du premier confinement. Isolé, il peine à retrouver un job et les deux bénévoles de l’association À l’écoute de la rue l’orientent vers les structures pouvant l'aider.

La maraude en images (Crédits : Romain Boulanger)

André discute avec une personne sans-abris, au pied du Passage Pommeraye
André discute avec une personne sans-abris, au pied du Passage Pommeraye
Christine embrasse une personne sans-abris qui vient de fêter son anniversaire dans la rue.
Christine embrasse une personne sans-abris qui vient de fêter son anniversaire dans la rue.
Les chiens sont un excellent moyen pour les bénévoles d'établir un lien de confiance avec les personnes sans-abris !
Les chiens sont un excellent moyen pour les bénévoles d'établir un lien de confiance avec les personnes sans-abris !
Les chiens sont les compagnons de route des sans-abris. Ils tiennent chaud et montent la garde.
Les chiens sont les compagnons de route des sans-abris. Ils tiennent chaud et montent la garde.

Une approche collective pour aider les sans-abris !

Christine et André continuent leur maraude en descendant la rue du Calvaire. Ils encouragent Emma, récemment blessée au cou, à aller se soigner sans attendre au CHU, avant de s’assurer qu’Antoine, qui fait la manche Place du cirque, ait un endroit pour passer la nuit. A chaque rencontre, la prise de contact reste la même : complicité, écoute et bienveillance.

« Quand on vit dans la rue, le froid et la faim sont les parties immergées de l’iceberg, explique André. Se protéger de la pluie ou de la canicule et se reposer en sécurité sont de vrais défis du quotidien. Il est aussi difficile de retrouver du travail ou un appartement si l'on n’a pas d’endroit pour faire garder son chien, si l'on vient de se faire voler son portable ou que l'on peine à rester propre pour un entretien. Certains sans-abris doivent aussi faire face à des problèmes d’addictions, d’autres ont fui une famille violente... Mais ce qui les fait le plus souffrir, c'est le regard de certains passants ! Il ne faut pas hésiter à venir leur parler et à engager la conversation ! »

Face à tous ces cas particuliers, les réponses des associations et de la Ville de Nantes sont nombreuses et une approche collective est pratiquée. 2020 a vu l’ouverture de l’espace Agnès Varda qui accueille les personnes sans-abris pour qu’elles puissent prendre des douches, laver leurs vêtements ou déjeuner au restaurant social. Géré par l’association les Eaux-Vives, les 5ponts viennent tout juste d’ouvrir leurs portes, les personnes à la rue pourront y trouver un accueil de jour, une halte de nuit, un restaurant solidaire mais aussi rentrer, si elles le désirent, dans un processus de réinsertion sociale ponctué par des rencontres avec des travailleurs sociaux, des ateliers de retour à l’emploi ou l'accès à des hébergements de continuité... De leur côté, les familles sont les bienvenues à l’accueil de jour des Dervallières tandis que les femmes victimes de violence et leurs enfants peuvent se présenter à l’espace Citad’elles, où elles sont accueillies et écoutées dans un endroit sécurisé. Bien sûr, un riche terreau associatif vient compléter ces dispositifs municipaux, Des Restos du Coeur jusqu'à La Croix Rouge en passant par La Cloche ou Un Brin de causette... « Nous essayons de travailler en équipe avec ces structures. Nous nous réunissons régulièrement pour partager les infos que nous avons sur les personnes que nous rencontrons lors de nos maraudes. Cela nous permet de bien identifier leurs besoins et de les orienter vers le bon interlocuteur », précise Christine.

On apporte une considération, une écoute et un regard bienveillant, car c’est ce qui manque le plus aux personnes de la rue.

André, bénévole d'À l'écoute de la rue depuis 9 ans.

« On a toujours cette image d’un clochard quinquagénaire, caché derrière une grosse barbe grise. La réalité est toute autre : on croise beaucoup de jeunes isolés ainsi que des personnes de tous les âges, aux parcours de vie complexes. Et depuis quelques années, on rencontre aussi d’anciens chefs d’entreprise, qui ont tout perdu à cause de la crise », regrette Christine alors qu'elle s'abrite d'une averse sous un parasol, place du Pilori. Tout comme André et les autres bénévoles, elle a l'habitude de marauder par tous les temps et avait même continué ses visites pendant le confinement.

Pour elle, «  plus les conditions climatiques sont compliquées, plus les personnes à la rue ont besoin de réconfort ». Le temps se calme, les deux amis reprennent leur route qui les mènera jusqu'au quartier Moutonnerie. Dès le lendemain, d'autres bénévoles prendront la relève pour garder le lien avec la rue et faire en sorte que la solidarité puisse continuer de s'exprimer chaque jour à Nantes.

Infos pratiques :

Solidair’été
Café et panier-repas
Jusqu’au 21 août. Du lundi au vendredi, de 9h30 à 11h30. 2 rue Francisco-Ferrer à Nantes. 

Espace Agnès Varda
Accueil de jour, restaurant social, douches
Carte d'accès délivrée au Centre communal d'action sociale (1 bis Place Saint Similien)
16, rue Pierre-Landais
44000 Nantes
Tél. : 02 40 41 53 00
Accès : Chronobus C 5, arrêt Gare de l'État
Espace Agnès Varda

5Ponts
Café solidaire des 5Ponts, 12 allée Nicole Girard-Mangin.
Du lundi au vendredi, de 14h à 18h.
De nombreuses animations vont rythmer l’été, retrouvez la programmation complète ici.
Le site des 5Ponts.

Citad’elles
Le lieu pour les femmes victimes de violences
Ouvert 7j/7 et 24h/24
8, boulevard Vincent-Gâche
44200 Nantes
Tél. : 02 40 41 51 51
contact@nantescitadelles.fr
nantescitadelles.fr