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RENCONTRE AVEC

Frédéric Le Blay : de la passion de révéler les mondes anciens dans notre monde contemporain

Frédéric Le Blay est maître de conférences en langue et littérature anciennes à l’Université de Nantes. Chercheur, historien, il est autant passionné par les mondes anciens que par le Japon, la gastronomie et le jardinage. Rencontre avec un spécialiste de l'Antiquité bien ancré dans le monde actuel, et coordinateur d'un programme sur la fin du monde...


Frédéric Le Blay est arrivé à l'Université de Nantes en 1999 pour faire sa thèse de doctorat, et est depuis « devenu Nantais. C'est une ville à laquelle je suis très attaché. J'y enseigne les mondes anciens, le grec et le latin, par passion pour ces disciplines, mais également pour l'enseignement, qui m'enrichit personnellement et intellectuellement.»

De la découverte à l'enseignement des mondes anciens
Frédéric Le Blay a des souvenirs très précis de films et de séries télévisées qui l'ont marqué dans son enfance, et qui l'ont d'ailleurs orienté vers ses études. « Depuis tout petit, j'étais passionné par les Grecs et les Romains, la série télévisée britannique « I, Claudius », moi Claude Empereur, adapté de l'autobiographie fictive de l'Empereur Claude. J'avais une sorte de fascination pour cet univers et cette figure atypique ». Cette curiosité grandissante est ensuite abreuvée par la lecture de BD et de romans historiques, et par les péplums, ces films à grand spectacle reconstituant des épisodes de l'histoire ou de la mythologie antique. C'est ainsi qu'il entre à l'Ecole Normale Supérieure pour poursuivre ses études de lettres et civilisations classiques. Bien qu'il ait hésité à entrer à l'INALCO pour entamer des études de langues et civilisations chinoises et japonaises, « deux mondes qui m'attirent fortement depuis toujours ».

Interpréter le monde actuel grâce à l'Antiquité
En plus de l'enseignement, Frédéric Le Blay est chercheur, avec un intérêt particulier sur l’interprétation du monde actuel. « Je travaille essentiellement sur la période ancienne de la connaissance, les civilisations de l'Antiquité, et  sur deux domaines : la médecine et les cosmologies. C'est-à-dire les façons dont les anciens se représentaient et expliquaient le monde. Et la manière dont ils expliquaient les grands phénomènes de la nature. Ces réflexions sur les cosmologies anciennes et sur les phénomènes de la nature m’ont amené à savoir si les anciens avaient peur de la fin du monde». Ainsi plonge-t-il dans ce sujet mythique de la fin du monde, vaste sujet qui nécessite de solliciter la philosophie, la théologie, l'anthropologie... D'où l'idée et l’intérêt pour Frédéric Le Blay de monter un projet de recherche interdisciplinaire et international.

Atlantys : explorer de nouvelles voies de façon interdisciplinaire
Depuis 2015, Frédéric Le Blay coordonne le projet Atlantys, programme de recherche interdisciplinaire et international qui explore l'imaginaire de la mort de l'humanité ou de la fin du monde, avec un focus sur la relation à l'environnement naturel. « Nous souhaitons montrer comment un certain nombre de questionnements, qui nous paraissent contemporains, sont en fait des questionnements qui remontent à très loin . Les craintes sur le changement climatique pourraient sembler être une préoccupation contemporaine, alors que depuis l'Antiquité, des textes annoncent la fin de l'humanité ou la disparition de la vie sur terre ».
Ainsi, un colloque international se tiendra à Nantes du 17 au 19 novembre 2016 avec pour réflexion Survivre à la fin d'un monde : perspectives historiques et géographiques.
Frédéric Le Blay explique l'intérêt de la vision internationale de ce programme : « Nous avons beaucoup à apprendre des pays étrangers. Le Japon a une perception différente du risque de la catastrophe et de la destruction massive. Les événements d'Hiroshima et de Nagasaki notamment sont ancrés dans les mémoires, ce qui rend son histoire particulière. En terme d'urgence, concernant le réchauffement climatique et le devenir des populations, c'est la zone Pacifique la plus concernée. De par la montée des eaux, des sociétés entières sont en train de disparaître. » Certains peuples, comme les Aborigènes et les Amérindiens ont également déjà vécu la fin d'UN monde. Pas à cause d'une catastrophe naturelle, mais par l'arrivée des Européens.
Le chercheur souligne aujourd'hui l'intérêt, et une certaine mode pour la déclinologie : « Notre société européenne est en crise et les gens s’interrogent beaucoup sur le devenir de nos sociétés, de nos valeurs, de notre culture européenne. Tout cela entraîne aussi une résurrection du discours de fin de civilisation. »

Vers la science fiction ?
Frédéric Le Blay aimerait également revenir vers la science-fiction. Il l'avait abordé en proposant un cours sur l'Antiquité revisitée par le cinéma. Il y avait démontré que le film Star Wars, bien que plongé dans un monde de science-fiction, répondait à tous les codes du péplum. « Sur la question de fin du monde, et notamment des mondes engloutis, la science-fiction tient une place importante. ». Un lien pourrait ainsi être créé entre le programme Atlantys et le festival international de science-fiction Les Utopiales, qui se déroule chaque année à Nantes.
Toujours ancré dans le monde contemporain, avec une vision du monde ancien, Frédéric Le Blay travaille actuellement à la rédaction d'une monographie sur la connaissance des volcans dans l'Antiquité. En faisant notamment le lien avec l'Etna, toujours en activité. Ce travail le mènera peut-être vers les volcans du Japon, pays et univers qu'il s'est promis de prendre le temps de découvrir.

mise à jour le 17 juin 2016



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