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le 2 juin 2010

A deux pas de Nantes, un joyau d'espace naturel

Biodiversité : dans le sens du Cens

Nantes Métropole a mené à bien une opération de restauration du milieu naturel dans la vallée du Cens. Entre frênes et passe à poisson, entre hérons et œnanthes safranées, une visite au cœur de la nature, là où la biodiversité nantaise s’épanouit follement.

La vallée du Cens La vallée du Cens
Les plus grandes beautés du monde sont souvent discrètes. Pour observer celles du monde naturel, flore et faune de concert, on pourrait penser qu’il faut partir loin, très loin de chez soi. Lors d’une récente visite de la vallée du Cens, un petit joyau de rivière à deux pas de Nantes qui se jette dans l’Erdre, on a pu observer que cette idée était toute faite et que la beauté et la richesse de nos zones humides, de nos forêts fluviales, de nos rives de Loire, étaient bien là, sous nos yeux qui ne savent plus regarder. En effet, au pied de nos maisons et de nos immeubles, aulne, frêne, saule, œnanthe safranée, angélique des estuaires, iris jaune, héron, héron bihoreau, foulque, brochet, sandre, anguille, truite, témoigne de la diversité biologique, plus communément appelée biodiversité, qui règne sous nos fenêtres.

Fin mai, sous le soleil et le ciel bleu, nous avons donc pris le bateau, vogué sur l’Erdre, cap vers le Cens. À quelques battements d’ailes de héron du centre-ville, la végétation sur les rives est impressionnante. « La métropole nantaise s’est engagée dans une série d’actions de préservation de la biodiversité, explique Christian Couturier, vice-président de Nantes Métropole en charge de la qualité des eaux et de l’assainissement. Les différentes actions que nous avons conduites ici, dans la vallée du Cens, entre 2003 et 2010, réhabilitation des berges, construction d’une passe à poisson, amélioration des continuités piétonnes, s’inscrivent dans le cadre de la trame verte et bleue de la métropole. »

Trame verte et bleue ? Une explication s’impose. « La notion de trame verte et bleue découle du Grenelle de l’environnement, une feuille de route de l’état qui fixe entre autres les grands principes d’action pour la protection de l’environnement, explique Clarisse Paillard, chef du service eaux et espaces naturels à Nantes Métropole. Prenons l’exemple de notre métropole. Vu du ciel, sur une carte, on distingue des masses vertes, des réservoirs riches en biodiversité, et des masses « bleues », rivière, fleuve, lac. Le principe de la trame verte et bleue consiste à se fixer pour objectif de connecter les réservoirs de biodiversité entre eux par le biais de corridors écologiques comme les cours d’eau, les haies, les talus, etc. Ces corridors permettent aux espèces de se déplacer, aux membres d’une même espèce de se trouver, de se reproduire, et bien sûr de se nourrir. »

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De la trame verte et bleue à la métropole verte et bleue, il n’y a bien sûr qu’un pas que nous franchissons allégrement. D’ailleurs les chiffres parlent d’eux-mêmes. La métropole nantaise compte 47 ruisseaux, 250 km de rives, quatre zones classées Natura 2000, 15 500 ha d’espaces naturels dont 9 500 de zones humides, 15 000 ha d’espaces agricoles. « C’est une richesse extraordinaire, estime Jean-Marc Ayrault, président de Nantes Métropole. C’est aussi un patrimoine qu’il faut préserver et protéger. »

La première étape de la préservation repose sur le droit. « Des espaces remarquables comme la Petite Amazonie sont protégés au niveau européen, rappelle Maryline Guillard, directrice du service énergie et environnement à Nantes Métropole. Les espaces agricoles sont aussi préservés grâce au document d’urbanisme. » Ensuite, il s’agit de mener à bien des opérations concrètes de protection de la biodiversité. Un programme de plantation de trois forêts urbaines représentant 1 500 ha est en cours.

La restauration de la vallée du Cens est elle achevée. Les moyens mis en œuvre pour protéger une telle coulée verte sont nombreux. « On retire les espèces invasives, des espèces exotiques qui nuisent aux espèces locales, raconte Clarisse Paillard. Parmi elles, la renouée du Japon, la jussie ou le laurier. On retire aussi les espèces qui n’ont pas d’intérêt écologique important. Nous avons abattu 130 peupliers aux Bois Saint Louis. On protège aussi les espèces rares ou endémiques, c’est-à-dire ne poussant qu’ici, comme l’Angélique des estuaires, la fritillaire pintade ou la dorine à feuilles opposées. »
La vallée ddu Cens
Plus généralement, la protection de la biodiversité a un impact important. « La biodiversité assure des tas de services, aussi bien à nous, humains, aux animaux et aux végétaux, poursuit Clarisse Paillard. Elle fournit de la nourriture, de l’eau, des minéraux, régule le climat, limite les inondations, permet le recyclage naturel de l’eau, des nutriments. Elle offre aussi des services récréatifs, comme les balades, la pêche. Une partie de notre travail consiste ainsi à assurer les continuités piétonnes et aménager des espaces d’observation comme des belvédères. »

Plusieurs associations ont été consultées dans le cadre de la restauration du Cens, pour la construction en particulier d’une passe à poisson, sorte d’escaliers pour les truites notamment. « Le Cens est une rivière magnifique et ce qui a été fait ici par les équipes de Nantes Métropole est remarquable, estime André Yardin, président de la Gaule nantaise, association de pêcheurs qui regroupe 10 000 adhérents, la plus importante de l’hexagone. Nous allons tout faire pour que cette rivière soit classée en première catégorie. »

La protection de la biodiversité est un enjeu majeur pour les villes de demain. « Une étude nationale menée par douze laboratoires est en cours actuellement pour définir ce qu’est une ville verte et bleue, rapporte Jacques Soignon, directeur des espaces verts de Nantes. Nantes fait partie des villes qu’ils regardent de près sur les questions du climat. Quelles actions sont menées et quels résultats sont obtenus ? » Il suffit parfois de regarder autour de soi.


David Pouilloux
Photos : Patrick Garçon





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mise à jour le 27 septembre 2010

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