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Plantes capitales

Guillaume Genre conçoit des piscines bios et propose des plantes qui dépolluent. Il a reçu le label entreprise Capitale verte de l’Europe.

Photo : Patrick Garçon Photo : Patrick Garçon
La nature est bien faite. Ce pourrait être la devise de Guillaume Genre, Herblinois installé aux portes de Saint- Nazaire depuis un an. Grand gaillard de 32 ans, ce jeune chef d’entreprise conçoit aujourd’hui des piscines biologiques et des aménagements où les plantes « mangent » la pollution.
Quand on rencontre ce biopiscinier, c’est ainsi qu’il parle de lui, on le découvre spontané comme la poussée d’une plante aquatique dans un milieu d’apparence hostile, où elle s’adapte finalement avec facilité. Il est aussi féru de vivant comme peut l’être quelqu’un qui a passé son enfance « dans les herbes folles et les mares à observer les tritons et les têtards, à soigner les animaux en perdition ». Il ajoute : « Mes parents avaient déjà bien senti que j’aimais le grand air. »

« Mes parents avaient bien senti que j’aimais le grand air »


Après cette jeunesse au vert, l’étudiant en BTS qu’il était aura un pied à Saintes, en Charente Maritime, un autre dans un bureau d’études nantais qui planche sur les paysages de l’Ouest. L’ingénieur paysagiste qu’il deviendra partagera durant ses études son temps entre Lille et une entreprise d’aménagement de Sainte-Luce-sur- Loire. « Après avoir géré la maîtrise d’oeuvre de projets, j’ai découvert un autre visage de la filière paysagiste », raconte le jeune homme. Les deux premières années d’études doivent être soldées par une expérience à l’étranger, « pour voir comment ça se passe ailleurs ».
Ce sera la Chine, deux mois durant. Puis, après un contrat à La Baule, il s’installera là-bas un an et demi. « Cette première rencontre avec la Chine m’a vraiment marqué, confie Guillaume, le regard brillant. Etrangement, c’est un pays où je me sentais chez moi. J’ai vu comment la nature s’adapte au milieu urbain. La pollution est très forte en Chine. Je voyais tous les polluants et métaux lourds qui coulaient dans les ruisseaux et j’ai découvert que certains types de végétaux étaient friands de ces milieux. » Installé à Wuhan, province humide, le jeune homme prend conscience du rôle de certaines plantes d’eau, comme le lotus et les jacinthes d’eau. « Les végétaux ne s’installent jamais par hasard, ils savent où trouver leur nourriture. J’ai constaté que les plantes jouaient spontanément un rôle de filtre. » L’eau comme élément indispensable à la survie du vivant. Et des plantes nécessaires à la préservation de l’eau. « Un peu comme le yin et le yang », glisse Guillaume en montrant le dessin d’une planète où l’eau et l’environnement terrestre forment les deux parties d’un tout. « Je suis un signe de feu, confie-t-il. L’eau est un élément équilibrant pour moi. » Aviron, natation, plongée lui font, durant sa jeunesse passée sur les côtes de Loire- Atlantique, appréhender les milieux aquatiques, avec déjà un oeil aguerri. « On parle beaucoup du réchauffement climatique, c’est bien, mais assez peu de notre gestion des eaux. C’est pourtant l’un des enjeux majeurs d’aujourd’hui et de demain. Il y a de nouvelles solutions à trouver, notamment avec les collectivités qui en ont la charge. Nous buvons la même eau que les diplodocus il y a 300 millions d’années ! Seulement, aujourd’hui, l’eau est moins bien filtrée par les végétaux car nous modifions l’équilibre du monde animal-végétal. » Il estime ainsi qu’il faut redonner sa place à la nature, en usant de plantes pour filtrer les eaux polluées, pluviales, ou d’assainissement. Cette épuration par les plantes est devenue le coeur de son activité. Et elle l’a finalement incité à créer en septembre 2012 son entreprise Ôbio, qui propose des piscines biologiques, sans chlore, pour les particuliers et des aménagements paysagers où les plantes ont chacune un rôle utile à jouer pour réduire la pollution. Un pari déjà récompensé par l’Audacity Award, un prix remis par la marque de territoire de Saint-Nazaire, dans la catégorie Défi vert et écotechnologie. Et une entreprise, Ôbio, qui va également prendre les couleurs du label Capitale verte de Nantes.

Gwenaëll Lyvinec

mise à jour le 5 mars 2013



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