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Objectif Rio !

Agnès Raharolahy, auréolée de deux titres européens avec le relais 4x400 mètres français, a le regard rivé sur les Jeux Olympiques. De La Chapelle-sur-Erdre à Rio, la jeune athlète construit sa carrière, sûre de son talent.

Flashback. 17 août 2014, finale du relais 4x400 mètres des championnats d’Europe d’athlétisme à Zurich. Agnès Raharolahy transmet le témoin à Floria Gueï en 4e position pour le dernier tour de piste. Gênée par des concurrentes, elle semble décrochée. « Ça va être très dur ! Les favorites sont devant. Il n’y aura pas de podium pour le 4x400 mètres français parce que là on ne revient pas sur la Russie, l’Ukraine et la Grande-Bretagne », commente Patrick Montel, la voix de l’athlétisme de France Télévisions. Et pourtant... Au prix d’un finish d’anthologie, Floria Gueï parvient à s’imposer sur la ligne et décrocher l’or. Dans l’aire d’arrivée, Agnès Raharolahy fond dans ses bras. Pour sa première participation aux Championnats d’Europe, l’athlète licenciée à l’AC Chapelain et sociétaire du Nantes Métropole Athlétisme est propulsée en pleine lumière. « On me parle beaucoup de cette course car elle a marqué les esprits. Pour moi, il y a vraiment un avant et un après Zurich.» L’athlétisme, Agnès Raharolahy l’a découvert au collège, un peu par hasard. « Mon grand-frère en faisait en club, à l’AC Chapelain. Je faisais également de la gymnastique et j’aimais bien ce sport. Mais au fil du temps, les performances sont venues. Et je me suis stabilisée sur le sprint long. » Au point d’être sélectionnée dans les équipes de France jeunes et de figurer parmi les espoirs françaises sur le 400 mètres. Elle concilie alors sport de haut niveau et études supérieures à l’université de Nantes. D’abord une licence de langues en anglais-arabe, puis un master pour devenir professeure des écoles. Par atavisme sûrement, puisque la mère d’Agnès est institutrice.

Mais il s’avère aujourd’hui compliqué pour l’athlète d’origine malgache de mener de front savie sur les pistes et le métier d’enseignante : «Je réfléchis à d’autres options que l’enseignement, difficilement compatible avec une carrière d’athlète de haut niveau», explique-t-elle. On touche là les limites du système sportif français, et notamment de l’athlétisme où peu d’athlètes peuvent vivre de leur pratique. Saviez-vous que près de la moitié des sportifs qui vont partir à Rio au sein de l’équipe de France olympique vivent avec moins de 500 euros par mois ? « Si notre statut est amateur, nous nous entraînons comme des professionnels. Nous vivons pour le sport mais, pour la plupart, le sport ne nous fait pas vivre », confie-t-elle. On est très loin du cliché du footballeur ou du tennisman « millionnaire ».

Pour les JO, Agnès bénéficie, via son club, d’une aide financière de Nantes Métropole mise en place dans le cadre d’un dispositif dédié. Côté sponsoring, elle est soutenue par un éditeur de logiciels de gestion d’entreprises, Proginov, implanté à la Chevrolière. Un complément de revenu qui lui permet de se préparer pour Rio 2016. Cette échéance, Agnès Rahorolahy la peaufine dans le moindre détail avec son coach Emmanuel Huruguen, avec qui elle s’entraîne depuis 2009 : « J’ai noué une relation de confiance avec lui. Et à Nantes, j’ai tout ce qu’il faut pour continuer à progresser. Pas question de partir.» À raison de deux à trois heures d’entraînement six jours sur sept, celle qui a grandi dans le quartier de Gesvrine à La Chapelle-sur-Erdre vise le podium à Rio sur le relais 4x400 m. Et se projette déjà vers Tokyo et les JO 2020. « J’aurai à peine 28 ans et je serai encore compétitive.»


 • Loïc Abed-Denesle


mise à jour le 26 juillet 2016



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