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Le donneur d’eau

Jean-Paul Augereau est l’inventeur du Safe Water Cube, une fontaine qui fonctionne sans électricité ni produits chimiques et permet de transformer l’eau impropre en eau potable. Véritable passionné, infatigable travailleur, ce Nantais a créé le Fonds de dotation Safe Water Cube pour développer et appuyer son projet : rendre l’eau potable accessible au plus grand nombre.

Il est comme habité. Empli d’une humanité qui déborde, le rend presque fébrile. À 49 ans, ce Nantais oeuvre sans relâche pour mener à bien sa « mission » : « donner à boire au monde .» « C’est peut-être un peu mégalo », sourit Jean-Paul Augereau. L’homme revient de loin. Bourreau de travail, il a longtemps parcouru le monde pour suivre les différents cycles de fabrication de produits textiles. « Avant, pour moi, m’intéresser aux autres était une perte de temps », confie-t-il. Et puis, à quarante ans, il frôle la mort et ne doit sa survie qu’à ne greffe. « Ça m’a complètement bouleversé .» Après deux années de traversée du désert, Jean-Paul Augereau reprend le dessus. « J’ai pris conscience de beaucoup de choses, notamment que je devais ma vie à quelqu’un d’autre. Il m’est alors apparu comme naturel de redonner quelque chose à mon tour. »

De ses voyages, Jean-Paul Augereau garde un souvenir marquant : le manque d’accessibilité à l’eau potable. « Aujourd’hui, ce sont près de deux milliards de personnes qui n’ont pas accès à l’eau potable et deux millions d’enfants qui meurent chaque année à cause de l’eau insalubre. » Ingénieur en génie mécanique et électrique de formation, il conçoit d’abord des grosses machines à panneaux solaires. « Très rapidement, je me suis rendu compte qu’elles n’étaient pas toujours adaptées, notamment pour être installées dans des villages isolés. La chaleur, la poussière, l’usure quotidienne… Ses premières fontaines ont une durée de vie de quinze jours. En travaillant sur place, je me suis aperçu qu’il fallait développer une machine plus simple et plus pratique. »

Mille litres d’eau potable par heure

Jean-Paul Augereau planche pendant six ans sur son nouveau projet et la Safe Water Cube finit par voir le jour. « C’est une machine simple et solide. On la remplit avec un seau ou grâce à un tuyau. Ensuite il suffit d’actionner une pompe manuelle pour filtrer l’eau qui passe par plusieurs étapes de filtration. Les filtres ont une durée de vie d’une dizaine d’années, il n’y a donc quasiment aucune maintenance», explique l’inventeur. Grâce à cette pompe fabriquée à Nantes, on peut transformer par heure mille litres d’eau impropre à la consommation en eau potable « et assurer la consommation en eau d’un village de mille personnes par jour », précise l’intéressé. Aujourd’hui, une quarantaine de machines sont installées de par le monde. Au Bénin, en Inde, au Sri-Lanka, au Cameroun et à Haïti où quinze pompes financées par NantesMétropole ont été installées dans le sud de l’île en novembre dernier. « C’est le rôle du fonds de dotation », rappelle Jean-Paul Augereau, « trouver des partenaires financiers pour développer des projets .» Particuliers, associations, institutions : toutle monde est le bienvenu. « Nous travaillons par exemple avec Emmaüs, nous avons aussi un projet plus ambitieux avec un partenaire institutionnel qui permettrait le déploiement de mille pompes par an. »

Lien social et prise de conscience

L’installation d’une Safe Water Cube revient à 5 500 euros. « Dans les lieux où nous installons les pompes, nous formons deux ou trois personnes à l’utilisation du matériel. Elles sont rémunérées par les villageois et les familles ; c’est une façon d’impliquer tout le village », détaille Jean-Paul Augereau pour qui l’arrivée de l’eau potable limite la désertification rurale. Infatigable, l’inventeur a aussi créé une pièce de théâtre avec un auteur nantais qu’il fait jouer dans les écoles en France et qui ensuite donne lieu à un échange entre les élèves français et ceux des villages où sont installées les pompes. Une façon pour lui de « créer du lien social et de faire prendre conscience aux plus jeunes du monde qui les entoure .» Il court, de la COP22 au Maroc à l’aéroport de Nantes‑Atlantique pour accueillir les bénévoles qui travaillaient à Haïti et continue d’améliorer et d’adapter les Safe Water Cube. « Je n’ai jamais été aussi heureux de ma vie », souffle Jean-Paul Augereau, avant de repartir, infatigable.
Gaël Bocandé

Pour en savoir plus : www.facebook.com/safewatercube

mise à jour le 22 décembre 2016



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