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En avant Mars !

Marion Massé est chercheuse en planétologie à l’université de Nantes. Passionnée par l’étude des glaces et de l’astronomie, elle a publié un article à retentissement mondial sur Mars.

Marion Massé, chercheuse en planétologie, 31 ans, a le nez dans les étoiles depuis dix ans grâce à un concours d’infirmière raté. « Enfant, j’aimais l’astronomie, mais suivre cette voie (lactée) était un rêve irréaliste, un peu comme devenir astronaute. Du coup, parce que je voulais aider les gens, j’ai voulu être infirmière, raconte-t-elle. Je n’ai pas eu le concours, alors je me suis inscrite à l’université dans la filière Sciences de la terre et de l’univers, en attendant de le repasser. Et j’y suis restée… »

Fille unique d’un papa océanographe à l’Ifremer et d’une maman oeuvrant dans le médical, la petite Nantaise a grandi immergée dans les livres, explorant mille et un sujets. Son goût pour l’astronomie est venu de cet appétit d’enfant de comprendre les mystères de l’univers et de rencontres qui lui ont donné les clés de ces mondes lointains. « Le voisin de bureau de mon père, également chercheur à l’Ifremer, était un féru d’astronomie et me laissait me plonger dans ses livres quand j’allais voir mon papa. »

« Choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie. » Ce mot de Confucius, philosophe chinois, pourrait être le credo de Marion, dont la thèse portera sur les liens entre les minéraux et les glaces sur Mars. Son intérêt pour la Planète rouge rejoint sa formation initiale de géologue terrestre. « La Terre est toujours le maître étalon, la référence des planétologues », souligne celle qui, à ses heures perdues, tapote la surface du globe avec des claquettes. Son premier contrat de recherche la mène ainsi en Arizona, sur les terres sèches et ocre de ce bout des États-Unis, au sein d’une équipe de spécialistes de Mars.

« C’était incroyable de participer aux missions spatiales, se souvient Marion avec plaisir. Je récupérais les images prises par les satellites autour de Mars pour les analyser. » Toucher du doigt la planète, un peu comme ce rêve impossible de l’astronaute… « Les chercheurs de ce laboratoire m’ont vraiment donné envie de continuer dans cette voie. C’est juste magique quand arrivent les premières images de Mars, ou quand on découvre des mondes complètement inconnus. On est heureux d’être là. »

Cette première pierre posée, Marion a poursuivi son étude du comportement de l’eau sur Mars en Pologne, passant d’un laboratoire suréquipé aux États-Unis à un nouveau labo où tout était à construire. Durant ce second post-doc, puis à Paris pour son 3e contrat, elle travaille à recréer les conditions atmosphériques martiennes pour mieux comprendre les comportements de l’eau et la morphologie des creux qu’elle provoque en coulant. « L’eau bout à zéro degré sur Mars et provoque des écoulements et des avalanches sèches qui modifient la surface de cette planète : ce sont des phénomènes inconnus sur Terre », explique la chercheuse qui a piloté une étude internationale sur le sujet lui ayant valu une publication dans une revue de top niveau, Nature Geoscience.

En ce moment, elle planche sur les lunes de Saturne et de Jupiter, à l’université de Nantes. La suite n’est pas écrite, comme pour beaucoup de jeunes chercheuses et chercheurs. « Il faut parfois s’ouvrir à d’autres rêves. » Quitter une planète qu’on aime pour en découvrir une autre.
 

Gwenaëll Lyvinec

mise à jour le 4 octobre 2016



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