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Portrait des créateurs des Machines de l'Ile

François et Pierre, un duo pour un rêve

Ces deux hommes sont les coauteurs des Machines de l'Île. Ils travaillent ensemble et sont amis depuis 23 ans. Portraits.

Pierre Oréfice et François Delarozière Pierre Oréfice et François Delarozière
François Delarozière
François est un créateur, un artiste, avec quelque part, forcément, un endroit mystérieux aussi difficile à trouver que les sources du Nil : la source de son inspiration. D'où viennent en effet toutes ces fantastiques créatures qu'il dessine ? Le jeune François était un minot des quartiers Nord de Marseille. À l'époque, son imagination vagabondait non vers les vertes pelouses du Stade Vélodrome, mais vers la garrigue, un monde végétal sauvage, fait de chênes verts, de lauriers, d'herbes odorantes, et un monde animal, avec des ânes, des poneys, et bien sûr, des cigales. Pas loin, il y avait l'atelier de son père menuisier touche-à-tout qui sculptait le bois, soudait le métal. Ajoutons que l'adolescent découvrira Jules Verne et l'étudiant des Beaux-Arts adoptera Gustave Eiffel comme un maître du savoir-faire avec le fer et Léonard de Vinci comme idéal pour ses croquis sublimes. Tout n'est pas dit ici, car l'homme, qui a 44 ans, est fait de mille choses, nourri de mille influences et il a ses secrets. Mais ces quelques éléments en place peuvent vous révéler comment sont nées de son cerveau ses machines, « bouffées d'émerveillement », qui sont autant de voyages et d'histoires qui vous seront bientôt racontés pour vous émouvoir. Oui, émouvoir, avec le mouvement. « L'éléphant prend vie quand il se déplace, dit celui qui est aussi le directeur artistique de l'association La Machine. Dans les Nefs, il est beau, mais c'est la confrontation de sa silhouette avec la ville qui est intéressante. Regarder la ville depuis son dos ou regarder l'éléphant se déplacer en ville, c'est cela qui créera des images incroyables dans la tête du public. C'est une machine de ville, une sculpture urbaine en mouvement. Il a des fenêtres, avec des ornementations, comme une maison ou une cathédrale. » Les planches à dessin de François révèlent des tas d'autres créatures qui bougent et qui prennent forme dans les Ateliers des Nefs. Il y a l'Arbre aux hérons, les Mondes marins, avec le Luminaire des grands fonds, le Calamar à rétropropulsion, la Larve de crabe, etc. Ne cherchez pas pareil spectacle ailleurs dans le monde : François Delarozière a déposé ses rêves sur l'Île de Nantes.
 
Pierre Oréfice
Fils d'immigrés italiens installés en Lorraine et travaillant dans le bâtiment, Pierre a vécu au milieu des coups de marteau, du béton, des tas de briques et des grincements de ferraille. Cela pourrait évoquer l'atmosphère qui règne aujourd'hui là où chantent les outils des ouvriers qui construisent les Machines de l'Île. Mais les choses ne sont pas si simples. Avant d'être le coauteur du projet des Machines de l'Île et désormais, à 53 ans, le directeur des Nefs, Pierre a été un étudiant « sérieux ». Un passionné d'économie, d'histoire, de géographie et de politique. À l'âge de 15 ans, Pierre Oréfice lisait déjà Le Monde. « J'ai passé une maîtrise d'économie, avant de filer à Sciences Politiques, à Paris, raconte-t-il. Mais je me suis dit que l'aventure était ailleurs. Devenir un technocrate, c'était pas mon truc. J'avais d'autres envies, d'autres passions. Les années 60 et 70 étaient une époque d'ébullition. La folie était possible. » La culture l'attire, il a une âme d'artiste et des yeux d'enfant avides d'émerveillement.
Il organise des spectacles itinérants sur une péniche, puis un festival de théâtre à Toulouse. Ensuite, Pierre passe une vingtaine d'années au sein de la compagnie Royal de Luxe pour produire des spectacles, et il voyage dans le monde entier. Au début des années 80, il rencontre alors François Delarozière. Une solide amitié se soude entre le dessinateur et le producteur. Le projet de l'Île de Nantes les fascine, ils veulent en être. « Les centres-ville ont tendance à perdre la vie qui les animait. Or les gens ont besoin de grands moments de convivialité, de fête populaire, où ils se retrouvent. Le spectacle de rue joue ce rôle-là. Les artistes sont dans la ville. » Pourquoi s'implanter à Nantes ? « Nantes est une ville inventive, une ville ouverte à l'imaginaire, un territoire où les rêves sont possibles. » Des rêves que Pierre aime « rendre réalisables, artistiquement, économiquement, et politiquement ». Il faut convaincre et se battre pour que naissent des géants, des girafes, des bateaux envahis par la végétation, des éléphants ou un colossal arbre aux hérons. « Une fois que c'est possible quelque part, dit Pierre, cela veut dire que c'est possible partout ailleurs ! »

mise à jour le 15 janvier 2016



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