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Une petite reine orange, étoile de Nantes

Un cadre orange, un frein à tambour, un guidon aux formes arrondies et, sur le triangle central du cadre, un logo en lettres gothiques : Stella. La marque de vélo nantaise a connu son heure de gloire dans les années 50 dans tout le Grand Ouest. C’est elle qui lança le champion cycliste Louison Bobet. Flash-back.

Rétropédalage. Nous voici en 1912. Pierre Fonteneau, vendéen, achète une fabrique de cycles à Nantes, une échoppe où l’on peut aussi trouver des machines à coudre et autres landaus… La petite reine est alors le moyen de transport le plus utilisé après la marche. En 1919, l’usine prend le nom de Stella, et décide de ne produire que du matériel haut de gamme. Très vite, elle fabrique elle-même ses propres cadres et propose ainsi différentes gammes de vélos, pour aller au travail, pour les loisirs, pour la compétition... Résultat : dès 1925, faute de place, l’atelier de montage s’installe chaussée de la Madeleine et la fabrication des cadres et les magasins prennent place rue Laënnec. Malgré la période difficile de l’entre-deux-guerres, Stella parvient à garder la tête hors de l’eau. « C’est le seul fabriquant de l’Ouest qui reste ouvert », raconte Jean-Luc Ricordeau, auteur boiséen d’un ouvrage sur les champions de Stella. L’entreprise rayonne alors sur tout le Grand Ouest. « Dans l’artisanat local nantais, c’était une grosse entreprise et Stella avait de la notoriété grâce aux résultats des champions qui véhiculaient son image dans la presse et aux actualités qui passaient au cinéma. » En effet, pour faire connaître la marque, l’usine subventionne déjà les meilleurs coureurs cyclistes régionaux, à qui elle fournit maillots et matériel pour le vélo. Le fils du patron, également nommé Pierre, entre dans l’affaire en 1934. Il a dès lors l’ambitieux projet de monter une équipe Stella, financée par l’usine. En 1945, Stella emploie plus d’une centaine de salariés, malgré la concurrence, notamment avec l’enseigne de cycles Gitane, basée à Machecoul. C’est dans ces années-là, en 1948, que le rêve de Fonteneau fils se concrétisera avec l’arrivée d’un futur champion venu de Saint- Méen-le-Grand : Louison Bobet. Avec ce jeune Breton, une véritable équipe d’une douzaine de coureurs se lance alors dans les compétitions nationales, jusqu’au Maroc ou en Algérie. C’est ainsi que Louison remportera le Tour de France à trois reprises entre 1953 et 1955, dont deux sur un vélo Stella ! Également champion du monde sur route en 1954, le coureur cycliste est alors, avec Pierre Barbotin, autre champion local, la publicité vivante des cycles Stella, au-delà des frontières françaises.
Le départ de Louison Bobet de l’équipe Stella pour l’équipe Mercier, autre fabrique de vélos, l’arrivée sur le marché des vélomoteurs, utilisés d’emblée par les ouvriers, marquent le début du déclin de l’usine nantaise, d’autant plus que Stella n’a plus les moyens de payer une équipe. « Pierre Fonteneau refusait les sponsors, raconte Jean-Luc Ricordeau. C’était un ingénieur qui avait de bonnes idées. Mais ce n’était pas un commercial. »
La conjoncture et des choix commerciaux inappropriés vont peu à peu mener l’entreprise à réduire la voilure à quelques pas des années 60. L’une des dernières idées de Pierre Fonteneau sera le vélo pliant, le Poketby, un concept qui sera très vite récupéré et exploité sans que Stella puisse en tirer parti. L’usine nantaise fermera ses portes en 1976, laissant derrière elle le souvenir de moments qui auront marqué l’histoire du vélo.

Gwenaëll Lyvinec

mise à jour le 22 mai 2015



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