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Une nouvelle gare, passerelle entre le Nord et le Sud

La gare de Nantes va changer de visage d’ici à 2019, ainsi que les espaces publics attenants au Nord comme au Sud. Destinée à devenir un grand pôle intermodal rayonnant au coeur de la Métropole nantaise et de la Région des Pays de la Loire, elle portera la signature de l’architecte Rudy Ricciotti.

Entrée Nord de la nouvelle gare. On aperçoit la mezzanine (160 mètres de long, 25 mètres de large, 18 mètres de haut) qui survolera les voies ferrées jusqu’à l’entrée Sud de la gare. Entrée Nord de la nouvelle gare. On aperçoit la mezzanine (160 mètres de long, 25 mètres de large, 18 mètres de haut) qui survolera les voies ferrées jusqu’à l’entrée Sud de la gare.
Qui n’a jamais dérobé un baiser sur le quai d’une gare ? Nous avons toutes et tous dans un coin de notre mémoire un voyage en train, un départ essoufflé vers une autre ville, un rendez-vous avec quelqu’un qui arrive d’ailleurs. Ces souvenirs révèlent l’importance d’une gare, à la fois au coeur de nos vies et au centre de nos villes. « La future gare de Nantes sera la nouvelle porte de la Ville et de la Métropole, souligne Johanna Rolland, maire de Nantes et présidente de Nantes Métropole. Il était important qu’elle soit une signature, un bâtiment exceptionnel qui soit emblématique de notre ville et de notre Métropole. La nouvelle gare de Nantes fera le lien entre, d’un côté, le Jardin des plantes, le coeur historique de Nantes, et, de l’autre, les quartiers Malakoff et Pré-Gauchet, quartiers plus récents. Cette gare sera un beau trait d’union entre ces deux parties de la ville. Elle sera plus accueillante, plus innovante, plus simple, plus sobre et plus durable. Un exemple de ce que doit être une gare de demain. »

Une inscription dans l’histoire de la ville Demain ?
Cela se prépare aujourd’hui. La gare de Nantes, quinquagénaire, accueille actuellement plus de 11 millions de voyageurs par an. D’après les prévisions de la SNCF, 25 millions de passagers fouleront son sol en 2030. Des travaux importants vont donc être engagés pour la moderniser, l’embellir et augmenter ses capacités d’accueil, sans pour autant empêcher les trains de circuler durant le chantier. Nantes Métropole et SNCF-Gares & Connexions, dont la principale mission est de moderniser les 3 000 gares françaises, sont les chefs d’orchestre de ce chantier colossal, qui s’étirera entre 2017 et 2019, après quatre années de concertation préalable. « La nouvelle gare s’inscrira dans l’histoire de la ville, dans son contexte urbain et elle sera unique, déclare Patrick Ropert, directeur général SNCF-Gares & Connexions. Une telle transformation de gare reste une opération rare. On ne fait pas cela souvent et il était important qu’un grand architecte signe ce bâtiment. »

Un pont entre deux gares
Rudy Ricciotti, l’« architecte orfèvre » notamment du Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (MuCem) à Marseille ou du stade Jean- Bouin, à Paris, a été choisi pour dessiner le futur visage de la gare de Nantes, sixième gare française (hors gares parisiennes). Aucun bâtiment actuel ne sera détruit, mais tous seront rénovés. L’idée clé : concevoir une garepont dotée d’une large et vaste mezzanine (160 mètres de long, 25 mètres de large, 18 mètres de haut) de béton et de verre enjambant les voies ferrées afin de relier les parties Nord et Sud de cette gare. La mezzanine offrira de nouveaux services (accueil, salle d’attente, information) et de commerces (restauration, kiosque à journaux) encore à définir. Telle « une grande fenêtre panoramique sur la ville », selon les mots de Catherine Malleret du cabinet d’architectes nantais Forma 6, qui épaule Rudy Ricciotti, la mezzanine sera pourvue d’une toiture ajourée et posée sur dix-huit piliers en forme d’arbres. Cette passerelle lumineuse reliera la gare Nord à la gare Sud, objets d’un « lifting » réparateur, et elle desservira les quais grâce à des ascenseurs et des Escalator. Le tout sera articulé avec le Jardin des plantes.
Ce dernier sera métamorphosé à son tour et relié davantage au parvis de la gare. « Nous sommes dans la continuité de la promenade nantaise qui longe le Château des ducs de Bretagne et le nouveau Miroir d’eau, poursuit Catherine Malleret. La grande mezzanine a été pensée comme une rue au-dessus des voies ferrées, avec beaucoup de lumière et de transparence. Un lieu de promenade, ouvert sur l’extérieur, et sur les quartiers, avec vue à 360 degrés sur la ville. »

Une plaque tournante multimodale
Une gare, on y arrive en train, en tram-train, à vélo, en tramway, en bus, à pied, en taxi, en voiture et souvent l’on combine certains de ces modes de déplacements. C’est un fait : la gare de Nantes est un pôle d’échanges multimodal (PEM) au centre de plusieurs réseaux. Les travaux qui seront engagés vont renforcer la fluidité du trafic et la lisibilité pour les usagers des transports. « 52 152 trains transitent par la gare de Nantes chaque année, dont plus de 37 000 TER, soit 70,9 % des accès aux quais, ainsi que 12 700 cars régionaux au départ de la gare, précise Jacques Auxiette, président du conseil régional des Pays de la Loire. Nous soutenons avec force ce magnifique projet de nouvelle gare pour Nantes. » L’heure est donc à la coconstruction d’une plate-forme multimodale, qui connecte tous ces réseaux, grâce notamment à une gare routière comprenant quinze quais.

Une équipe multicompétence
« C’est un grand projet en termes d’attractivité et c’est aussi un projet pour tous les habitants qui leur sera utile dans leur quotidien, estime Johanna Roland, maire de la ville de Nantes et présidente de Nantes Métropole. C’est aussi un plus pour les entreprises et l’emploi. Investir 123 millions d’euros sur notre territoire, c’est une façon de marquer l’accélération de nos projets. » Si s’investir est aussi le maître mot des entreprises associées, dont Demathieu & Bard, l’un des « majors » français de la construction (installé à Couëron) et Forma 6, le cabinet d’architectes nantais, investir est celui de tous les partenaires. L’Europe, l’État, la Région des Pays de la Loire, Nantes Métropole, le Département de Loire-Atlantique et RFF (Réseau ferré de France) se sont accordés m u t u e l l e m e n t . Maîtrise d’oeuvre et d’ouvrage, savoirfaire territoriaux, architecture, paysage, ingénierie acoustique, études techniques en génie civil : tout un éventail de compétences pointues a été réuni. Budget total de la future gare de Nantes : 123 millions d’euros, dont 59 millions pour les travaux de rénovation de la gare actuelle et plus de 70 millions notamment pour aménager les espaces publics autour de la gare et l’unir davantage à sa ville. La part de Nantes Métropole s’élève à 39 millions d’euros, à l’identique de celle de la Région.

Cécile Faver

www.gares-sncf.com/fr


Zoom sur l’entreprise Demathieu & Bard



Le chantier de la future gare de Nantes démarrera en 2017 : un challenge pour l’entreprise Demathieu & Bard.
2017 sera l’année au cours de laquelle les premières pierres du chantier de la future gare de Nantes apparaîtront, de manière visible. Mais d’ores et déjà une équipe de l’entreprise Demathieu & Bard y travaille, à l’unisson avec l’agence architecturale de Rudy Ricciotti et la filiale pluridisciplinaire de la SNCF-Gares & Connections, chargée de rénover et d’aménager les 3 000 gares du réseau ferré français. L’entreprise indépendante Demathieu & Bard est l’un des leaders français de la construction, avec 2 613 collaborateurs dans le monde et un chiffre d’affaires de 900 millions d’euros (chiffres 2014). L’une de ses agences, spécialisée dans la construction d’infrastructures du génie civil et de bâtiments neufs, ainsi qu’en réhabilitation de bâtiments existants (pour de grands investisseurs publics et privés) est ancrée depuis 2002 à Couëron. Une agence que l’on connaît sans la connaître, puisque Demathieu & Bard Ouest a réalisé notamment le Zénith de Nantes Métropole, le Carré Lafayette à Nantes, l’usine d’eau potable à Basse-Goulaine, les bureaux des immeubles le Riveur et la Ferblanterie au coeur du quartier Chantenay... Bref, de grands chantiers au long cours comme celui à venir de la gare de Nantes. « Construire est un acte ! L’enjeu primordial de ce chantier qui fera la renommée de la ville est de créer une unité entre les deux rives, une passerelle entre les deux quartiers situés au Nord et au Sud de la gare actuelle, explique Guillaume Morel, directeur des travaux au sein de l’agence Demathieu & Bard Ouest. Même si cette liaison n’est pas visible pour l’instant, les travaux se feront en minimisant les nuisances sonores et en préservant à la fois la fluidité du trafic ferroviaire et les flux de voyageurs. » CF

mise à jour le 3 novembre 2015



« Il faut refuser l’exil de la beauté par tous les moyens »

Rudy Ricciotti, architecte.
Rudy Ricciotti, architecte de la future gare de Nantes, architecte du MuCEM à Marseille, du stade Jean-Bouin à Paris, du Musée Jean-Cocteau, à Menton.

Quel est l’esprit de ce projet de nouvelle gare de Nantes ?
« L’ensemble de la gare apparaîtra comme un monochrome blanc, tout va être blanc. Ce sera un lieu lumineux, calme, aérien. Ce que j’adore dans cette gare, ce sont les piles qui portent la mezzanine. Cela frappera l’imaginaire, elles vont être bien perçues. Elles sont toutes différentes, de forme arborescente. Il faut refuser l’exil de la beauté par tous les moyens possibles, et l’un de ces moyens, c’est de poursuivre le récit constructif. Cette gare est pour moi une allégorie de la gare du XIXe siècle. On poursuit le récit constructif que l’on peut lire dans le Jardin des plantes, avec une très belle serre en acier qui date de cette époque. La mezzanine est l’élément déterminant de ce projet. Elle sera plus large et plus vaste que celle qui était prévue au départ dans le programme, afin que les passagers aient une autre préoccupation que le consumérisme. Quand j’ai dessiné la mezzanine, j’ai pensé aux enfants qui pourront regarder les trains partir. Dans les gares d’une conception ancienne, il n’y a pas d’échappatoire, on est face à des murs. Là, je trouve formidable de pouvoir laisser le regard s’échapper vers le territoire et la ville, de pouvoir révéler un imaginaire. Dans ce projet, la SNCFGares & Connexions a eu le courage d’accepter que cette mezzanine devienne la partie centrale de la gare. L’un des aspects importants de ce projet, c’est que nous sommes dans un concept de réparation, réparation du visage de la gare et réparation de l’interface avec la ville. Mais lorsque j’ai vu la gare Nord, je l’ai trouvée très belle, c’est un bel ouvrage, c’est pour cette raison que sur cette partie-là, on y va avec beaucoup de délicatesse. »

Propos recueillis par David Pouilloux

www.rudyricciotti.com
Nantes Métropole — 2, Cours du champ de Mars — 44923 Nantes Cedex 9 | Tél. 02 40 99 48 48