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Une Garantie jeunes pour accéder au marché du travail

La Mission locale met en place la Garantie jeunes, un dispositif de l’État, pour aider les 18-25 ans en difficulté à trouver un stage puis, au final, un emploi.

Comment trouver un emploi lorsque l’on n’a pas de ressources, pas de soutien familial ou que l’on n’a jamais rédigé un curriculum vitae ou passé un entretien professionnel ? La Mission locale, sous l’égide de l’État, a démarré début septembre un nouveau dispositif sous le nom de « Garantie jeunes ». « La mobilisation collective des jeunes qui seront inclus dans le dispositif Garantie jeunes se fait d’abord sur la base de leur motivation », détaille ainsi Pascal Bolo, vice-président de Nantes Métropole en charge de l’emploi et président de la Maison de l’emploi, de la Mission locale et de l’École de la 2e chance. Son objectif : aider les jeunes âgés de 18 à 25 ans, sans emploi, n’étant pas en formation, étant diplômés ou non, sans ressources et sans soutien familial, à mettre le pied à l’étrier pour trouver un travail ou une formation. Ils sont accompagnés durant un an par la Mission Locale dans un engagement réciproque. « Ce n’est pas un dispositif de plus, précise Stéphane Gorius, directeur de la Mission locale de Nantes, mais un outil concret qui doit permettre aux jeunes concernés de se remettre dans une dynamique de recherche d’emploi. » « Avec ce dispositif, dès les premières semaines, les jeunes doivent être mis en situation de travail, via des stages, des liens avec la formation, afin de les positionner dans un accompagnement très serré, très rapproché sur la voie de l’emploi », ajoute Pascal Bolo. Durant les six premières semaines de cette année d’accompagnement, les jeunes sont par groupes de 15 pour travailler collectivement. Venus de différents horizons, avec ou sans expériences professionnelles, ils apprennent le b.a.-ba de la recherche d’emploi (rédaction de CV, de lettre de motivation, présentation lors d’un entretien, etc.), les démarches administratives à mener pour trouver un logement ou bénéficier d’aides, comment trouver une formation, un stage… « Ces premières semaines posent la base de l’accompagnement pour l’année. Ensuite, chaque jeune a un accompagnement sur mesure, avec un référent qui veille à ce qu’il reste dans une dynamique fluide et autonome. » Les jeunes qui entrent dans le dispositif doivent s’engager en signant une forme de contrat et bénéficient alors d’une allocation mensuelle de 452 euros en appui de leur accompagnement.
Cette garantie jeune s’inscrit dans le Pacte métropolitain pour l’emploi. « Cette ouverture vers un plus grand nombre de partenaires sur la Métropole permet d’offrir plus de chances aux jeunes de trouver un emploi. »

Gwenaëll Lyvinec



« J’aimerais être assistante manager. »

Oldiya Thany © Patrick GarçonOldiya Thany, 21 ans. « J’ai un bac sciences technologiques management et gestion. J’aimerais être assistante manager. J’ai commencé la Garantie jeunes il y a deux semaines. J’ai déjà appris à faire un CV, une lettre de motivation, comment faire face à un recruteur…J’espère pouvoir en tirer de l’expérience professionnelle, pour aller vers le métier que je veux faire. J’espère que le dispositif m’aidera à trouver des stages et des formations qualifiantes. Le fait d’être en groupe est positif. Je suis la déléguée du groupe. On échange et ça nous permet de voir que l’on n’est pas tout seul. »




« Ça peut m’aider à intégrer un réseau »

Axel Pierson © Patrick Garçon
Axel Pierson, 20 ans. « J’ai une formation dans la restauration. Aujourd’hui, je voudrais être agent de sécurité. Il faut que je reprenne une formation, que je retrouve des stages, une entreprise qui accepterait de me former… Ce que peut m’apporter le dispositif ? Un réseau peut-être. J’ai déjà travaillé un peu et fait des stages pour les espaces verts, dans la maçonnerie, la sécurité… J’aimerais vite trouver une formation dans mon domaine. »





mise à jour le 2 novembre 2015



Entretien avec Hervé Guéry


Hervé Guéry © Mezerette Thierry
Hervé Guéry, directeur de COMPAS-TIS (Centre d’observation et de mesure des politiques d’action sociale), à Nantes.

Quelle est la situation de l’emploi en France ?
« À partir des années 80, il y a eu un effet de substitution entre les emplois industriels et les emplois des secteurs marchand et tertiaire. Depuis la crise de 2008, il y a moins d’emplois dans l’industrie et le bâtiment, tandis que le secteur tertiaire et les services marchands, qui jusque-là tiraient l’emploi vers le haut, connaissent une stagnation. De plus, contrairement à des pays comme l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne, notre pyramide des âges est particulière, avec une population de jeunes entrants sur le marché de l’emploi très importante. »

Et dans la Métropole nantaise ?
« Depuis 1990, l’emploi total a progressé de 44 % sur Nantes Métropole, contre 17 % à l’échelle nationale. Le chômage progresse beaucoup moins que dans le reste de la France : de 5,6 % avant la crise de 2008, le taux de chômage dans la zone d’emploi nantaise (Nantes Métropole et territoires limitrophes) est actuellement de 8,5 % (10 % en moyenne nationale, 10,4 % sur l’ensemble des villes de taille similaire). Un quart de la progression du chômage s’explique par les plus de 55 ans (effet notamment du recul de l’âge de la retraite). Toutefois, depuis un an, on observe une reprise du chômage sur la Métropole nantaise. Ce chômage affecte de plus en plus de seniors : ils sont ainsi plus nombreux à être inscrits à Pôle emploi que les moins de 25 ans. De plus, les proportions du chômage global sont deux fois plus importantes dans les quartiers fragiles de la ville. »

Quels sont les enjeux ?
« Il faut donner les mêmes chances à tous et à toutes, par exemple en développant des services facilitant l’accès des femmes à des postes à responsabilité sur la Métropole : bien que plus nombreuses à détenir un diplôme d’enseignement supérieur parmi les moins de 40 ans (55 % contre 48 % pour les hommes), elles accèdent toujours moins à des postes de cadres (18 % contre 27 % pour les hommes). Il faut aussi insister sur l’importance de la formation : plus les jeunes sont diplômés, plus ils ont de chances de trouver un emploi ou de le créer, et cela reste toujours vrai malgré la progression du chômage des jeunes diplômés. Enfin, la question des emplois aidés, que ce soit pour les jeunes ou les seniors, doit continuer à être posée. C’est une solution certes temporaire, mais qui permet de redonner de la dignité à l’individu. »

Propos recueillis par Isabelle Corbé

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