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Start West 2014 :

Les fées se penchent sur le berceau des start-up

La 14e édition de l’évènement Start West a eu lieu en avril à Nantes. Une occasion unique pour des entrepreneurs innovants de rencontrer des investisseurs. L’objectif : faciliter de futures levées de fonds.

Jean-François Balducchi, délégué général d’Atlanpole. Jean-François Balducchi, délégué général d’Atlanpole.
Ils étaient 32 en lice. 32 créateurs et créatrices d’entreprises innovantes, à peine nées, sur le point d’éclore ou marchant déjà à grands pas, tous secteurs confondus. Logiciels, e-commerce, santé, tourisme, publicité, green tech, mobilier … Même si cette année la plupart des start-up étaient issues du secteur numérique, des TIC (technologies de l’information et de la communication) et du web, toutes, ancrées dans l’Ouest de la France, certaines venant d’Espagne et de Grèce, participaient à Start West. Organisé tous les ans depuis 2001 par trois cofondateurs — le réseau national Rétis (de technopoles, d’incubateurs et de Business Innovation Center), Nantes Atlantique Place Financière (NAPF) et la CCI Nantes Saint-Nazaire — l’évènement a lieu en alternance à Nantes ou à Rennes, avec le soutien de Bpifrance et le cabinet d’expertise comptable Deloitte. « À chaque édition, nous mobilisons tous nos partenaires historiques, comme les technopoles du Grand Ouest, les métropoles de Rennes et Nantes, ainsi que les Régions bretonnes et ligériennes. Nous activons simultanément les réseaux régionaux et nationaux d’investisseurs. Ceux qui comptent sont là !, explique Jean-François Balducchi, délégué général d’Atlanpole, technopole du réseau Rétis. Nous sommes également connectés aux pôles de compétitivité Mer et Bretagne, Images & Réseaux et EMC2, dans une logique de mutualisation des moyens. Start West, au fil des années, est devenu simultanément un réseau de réseaux et une marque de qualité très connue. Une place forte de l’innovation, dont nous sommes les ambassadeurs ! » Le principe de Start West est simple : les futures championnes économiques sont présélectionnées, afin de « pitcher », c’est-à-dire présenter leurs innovations et leurs projets de développement économique devant un parterre d’investisseurs et de business angels. Qui, de leur côté, souhaitent investir. Mais lever des fonds lorsqu’on est une jeune entreprise est un véritable challenge ! Aucune levée de fonds ne se fait du jour au lendemain. Depuis 2001, sur 317 participants, 96 d’entre eux ont levé des capitaux pour un montant total de 270 millions d’euros. Cette année, les cinq lauréats à la pointe de l’innovation de Start West - Hélicéo (drones destinés au monde maritime et à l’agriculture), Energiency (logiciel d’analyse des données énergétiques des entreprises), Podbox (solution cloud qui synchronise les données des applications professionnelles), Good Spot (plateforme collaborative dédiée au tourisme citoyen) et A2V (navires de transport économes en carburant et rapides) - cherchaient entre 150 000 et un million d’euros.

Cécile Faver

www.start-west.com

Trente-deux start-up du grand Ouest, d’Espagne et de Grèce, étaient en lice lors de Start West 2014.
Zoom sur trois d’entre elles, implantées à Nantes.



 
HÉLICÉO, des drones performants


Jean-François Baudet, d’Hélicéo - Photo : Patrick Garçon
Jean-François Baudet, d’Hélicéo - Photo : Patrick Garçon.

Hélicéo crée, fabrique et commercialisera bientôt ses premiers drones truffés d’innovations technologiques. Repéré par le jury « Business angels », il est l’un des cinq heureux lauréats de Start West 2014.
Hélicéo est l’un des primo-locataires du Hub Creatic, l’immense « ruche » entrepreneuriale jaune solaire, située au coeur du parc d’innovations de la Chantrerie. Ce n’est pas un hasard ! Dans les bureaux de cette start-up, on parle « relevés topographiques », « photogrammétrie » (une technique qui permet de faire 300 à 400 images par site photographié) « modélisation 3D » et surtout : « drones à décollage vertical » (sans catapulte ou lancement à la main). Et pour cause ! C’est la marque de fabrique d’Hélicéo (une équipe de 8 personnes), né à Nantes le 18 mars 2014, de la volonté de son dirigeant Jean- François Baudet, issu du monde de l’informatique, du commerce et passionné d’aéronautique. Mais aussi grâce au soutien de trois alliés de « poids », Atlanpole, le réseau Entreprendre Atlantique et Nantes Métropole Aménagement. Équipé de cartes électroniques ultraprécises (un pixel sur une photographie équivaut à 3 à 5 cm au sol ) et de turbines incrustées dans ses ailes, « Foxcéo », le premier drone conçu et fabriqué (breveté) par Hélicéo, tout en Kevlar (une fibre synthétique légère et très résistante souvent utilisée pour renforcer les coques de bateau et les ailes d’avion), pèse 3 kilogrammes, et vient de réaliser avec brio ses premiers vols (trajectoires préprogrammées) dans l’espace aérien du territoire (selon les normes de sécurité obligatoires érigées par la Direction générale de l’aviation civile). Les marchés mondiaux ciblés par Hélicéo : la topographie (cabinet d’experts- géomètres) cette année, les océans (spots de pêche, surveillance antipollution côtière...) à l’horizon 2015, et l’agriculture (cartographies pour moins traiter les sols) à l’horizon 2016. « Une entreprise ne peut se développer seule, et doit organiser un solide tour de table financier, explique Jean-François Baudet. Être lauréat de Start West 2014 nous apporte de la visibilité et crédibilise Hélicéo face à de futurs investisseurs. ». Pour mieux voler de ses propres ailes.
www.heliceo.com


IMMATIS, des hydrogels pour réparer les os

Catherine Levisage.
Catherine Levisage.

Experte en biomatériaux pour la médecine régénérative, cette entreprise est une nouvelle arrivante à Nantes.
Comment mastiquer quand on a perdu une molaire à l’âge adulte ? En comblant non seulement la dent absente, mais aussi la partie osseuse de la mâchoire, précisément située en-dessous, qui a tendance à s’atrophier. Les chirurgiens dentistes connaissent très bien cette opération, et ont recours à des biomatériaux (d’origine animale ou synthétique) pour reconstituer le tissu osseux de la mâchoire et stabiliser l’implant dentaire. Mais les risques d’infection sont importants, ce qui fragilise de nouveau le système osseux dentaire. Que faire? IMMATIS, pour « IMplantable MAtrix and TISsue », a trouvé la solution. Bientôt 100 % nantaise, cette jeune entreprise (subventionnée par la BPI, Oseo et la Région Île-de-France), incubée à Paris Biotech Santé, a été cofondée officiellement en février 2013 par Dominique Surun (médecin, expérimentée en management entreprenarial), Catherine Levisage (pharmacienne de formation, actuellement chercheuse à LIOAD/Inserm à Nantes), Didier Letourneur (chimiste de formation, puis chercheur au CNRS à Paris) et Mohammed Derkaoui (docteur en biomatériaux, après une thèse à l’Université Paris‑XIII). Son fer de lance : une technologie innovante qui lui permet de fabriquer des biomatériaux - des hydrogels - dédiés à la médecine régénérative. Leurs avantages : ils permettent la régénération d’os identique à l’os physiologique ; plus sûrs, plus efficaces et, surtout, d’origine naturelle et non animale (4 brevets technologiques déposés par l’Inserm). Les premiers produits d’IMMATIS concerneront d’abord la réparation osseuse dentaire et pourraient être commercialisés à l’horizon 2017- 2018 sur les marchés américains et européens. « Notre venue à Start West était importante. Cela a été l’occasion d’échanger avec un grand nombre d’acteurs de la région et de découvrir les autres projets entrepreneuriaux pitchés, déclare Catherine Levisage. Les rendez-vous, convenus en amont avec de potentiels investisseurs, ont favorisé également les rencontres imprévues. En tant que scientifique et cocréatrice d’entreprise, c’est absolument passionnant ! D’autant plus que Nantes est une place forte de la recherche biomédicale. »
www.immatis.com


A2V, des navires Révolutionnaires

Matthieu Kerhuel.
Matthieu Kerhuel.

A2V conçoit et s’apprête à commercialiser des navires de transport innovants, dédiés notamment aux plateformes pétrolières. Il vient d’être primé à Start West 2014.
Si A2V – pour Advanced Aerodynamic Vessels – n’existait pas, il faudrait le créer. Et travailler dans le plus grand secret, concurrence oblige ! C’est ce que Matthieu Kerhuel et son équipe d’experts à la croisée de l’hydrodynamique et de l’aérodynamique (tous issus de l’École centrale de Nantes) ont décidé de faire. Cofondé avec l’entrepreneur Hubert Thomas, A2V est né officiellement en juin 2013 à Carquefou. L’objectif : concevoir un navire de transport rapide, économe en carburant, et qui s’appuie à la fois sur l’eau et l’air, pour avancer plus vite. Plus il s’allège, moins il consomme. L’équation est simple en apparence, mais nécessite des outils de modélisation et de simulation numérique de pointe pour optimiser ses performances. Tout en matériaux composites high-tech, les futurs navires d’A2V partiront à la conquête de plusieurs segments de marché : le transport de personnel employé, notamment sur les plateformes pétrolières, ainsi que dans les champs éoliens, la surveillance des côtes océaniques (par exemple : les bateaux des douanes, de gendarmerie ou de lutte anti-piraterie), le transport de passagers, la plaisance de luxe ou les bateauxtaxis. Qui ont tout à y gagner ! Pour cela, A2V (soutenu par la BPI, incubé par Atlanpole et Symbiose-Centrale/Audencia) travaille étroitement avec le cabinet rochelais d’architecture navale Marc Lombard, de notoriété mondiale. Le jury d’investisseurs de Start West 2014 a été séduit, et A2V a décroché le « Prix Région Pays-de-la-Loire ». « Nous avons participé à Start West pour nous faire connaître au sein de l’écosystème d’innovation français et rencontrer des investisseurs, souligne Matthieu Kerhuel. A2V, fortement ancré dans la métropole nantaise, est destiné à exporter. Aujourd’hui nous travaillons à la réalisation d’un prototype de dix mètres qui sera testé en mer début 2015 et, pour l’occasion, complètement dévoilé au public ! ».
www.aavessels.com


Textes : Cécile Faver

mise à jour le 3 juillet 2014



Un business angel, c’est quoi ?

Photo : Franck Tomps
Cyrille Chaudoit a participé à Start West 2014. Il est ce que l’on appelle un business angel. Ce terme signifie « investisseur providentiel ». Au-delà de l’argent qu’il mise sur une entreprise innovante à potentiel, un business angel accompagne l’entrepreneur et lui propose ses compétences, son expérience, ses réseaux relationnels.
« Je suis avant tout directeur de l’innovation au sein de l’agence de communication digitale The Links à Nantes. L’une de nos activités consiste à sourcer les start-up, identifier leur potentiel en ingénierie et investir, à la manière d’un quasi-incubateur. Je participais pour la première fois à Start West en tant que business angel. En fait, je remplaçais Vincent Guillois, président de The Links, également vice-président d’ABAB (réseau de business angels à Nantes). Mais mes connaissances des start-up étaient déjà là. Ma mission consistait à écouter, en toute bienveillance, les entrepreneurs pitcher (résumer en quelques phrases le projet d’une entreprise). Évaluer la cohérence des projets et la solidité de leur modèle économique, tout en prenant du recul en si peu de temps, est un exercice délicat et complexe. Ce qui demande de ne pas juger les personnes ! Beaucoup de projets étaient en lien avec les tendances du moment, surtout numériques, un secteur dans lequel je suis en veille. Nous étions plusieurs business angels à débattre, afin d’estimer la viabilité des projets d’entreprise et leurs chances de succès. Nos certitudes sont parfois bousculées, mais l’enjeu n’est pas financier. Start West est un évènement de grande ampleur, aussi inspirant que bien organisé. C’est une chance pour les start-up! »
www.thelinks.fr
Nantes Métropole — 2, Cours du champ de Mars — 44923 Nantes Cedex 9 | Tél. 02 40 99 48 48