Accès direct au contenu

  • Texte plus petit
  • Texte standard
  • Texte plus grand
Recherche avancée

Nantes Métropole le site officiel de Nantes Métropole



La médecine régénératrice fait souche à Nantes

Du 12 au 14 décembre dernier, se tenait à Nantes Bioregate, le forum européen de médecine régénératrice. Interview de Tuan Huy Nguyen, co-fondateur de GoLiver Therapeutics, l’un des organisateurs de ce nouvel événement de stature internationale.

Présentez-nous Bioregate forum ?

Le forum est né en 2016, à l’initiative de l’université de Nantes, du pôle Atlanpole Biotherapies, des institutions académiques, hospitalières et de valorisation, et en association avec des biotechs comme la société GoLiver Therapeutics, spécialisée dans la réparation du foie sans greffe, dont je suis l’un des co-fondateurs.
L’idée est de réunir, tous les deux ans, des spécialistes mondiaux non seulement de médecine régénératrice, de thérapies cellulaires et géniques, mais aussi en biomatériaux, pour faire un point sur les avancées médicales, scientifiques, technologiques et industrielles.
Le forum a l’ambition d’être une vitrine du savoir-faire de la recherche en Pays de la Loire et en France sur cette médecine de demain. Nous avons accueilli, cette année, quelque 250 chercheurs, cliniciens, industriels, experts de l’économie de la santé. Il s’agit à la fois de proposer des conférences de haut niveau – il fut, par exemple, question « des cellules comme outils de thérapie et de diagnostic », de « la fabrication de tissus et de mini-organes en boîtes » ou « des biomatériaux intelligents » - et de permettre aux industriels de présenter leurs technologies comme par exemple la production de cellules T régulatrices (Treg) destinées à la fabrication d’immunothérapies ou la fabrication de tissus par bio-impression…

Quels ont été les temps forts de cette 2e édition ?

Ross MacDonald, fondateur de la société Cynata Therapeutics, est venu présenter les résultats de son essai clinique avec des souches pluripotentes induites, que nous désignons, dans notre jargon, sous l’abréviation d’iPS. Sa société a finalisé, en août dernier, l’essai clinique sur des patients dont le greffon de moelle osseuse s’attaquait à leurs organes, une des complications majeures de ces greffes. Une première mondiale couronnée de succès et attendu avec impatience depuis le prix Nobel de 2012 ayant consacré les travaux du Pr Shynia Yamanaka, l’inventeur des cellules iPS, et de Sir John Gurdon, pour leurs travaux sur les cellules souches pluripotentes. Une cellules iPS est, pour faire simple, une cellule du corps humain à qui l’on redonne en laboratoire une jeunesse, et qui a ensuite la possibilité de se multiplier à l’infini tout en restant jeune et de se convertir en tout type de cellule, de n’importe quel organe. Un procédé qui offre donc la possibilité de produire des cellules thérapeutiques à grande échelle et de régénérer des organes entiers.
Un autre chercheur japonais, Takanori Takabe, a fait une conférence sur ses travaux sur la fabrication de mini-organes, mini-foie, mini-rein, mini-poumon à partir de cellules iPS pour des applications de médecine régénératrice et aussi de médecine personnalisée car ces mini-organes peuvent servir à tester préalablement in vitro en boîtes plusieurs médicaments existants ou des candidat-médicaments en développement et de trouver ainsi le plus adapté avant de le prescrire au malade.

Qu’attendez-vous de ces rencontres ?

Elles sont l’occasion de mettre en relation chercheurs, industriels, acteurs de la santé et institutions. Elles doivent permettre la construction de stratégies communes entre la recherche fondamentale et la production des thérapies innovantes en dépassant les rivalités et en mettant en commun les forces respectives pour accélérer l’innovation en médecine médecine réparatrice et  régénératrice. C’est une des missions du consortium Bioregate. La métropole nantaise et la région Pays de la Loire sont des fers de lance de la médecine de demain. Atlantic bio GMP, une plate-forme de fabrication de médicaments innovants, née du partenariat entre l’établissement français du sang, l’Inserm, et le CHU de Nantes, est installée à Saint-Herblain, depuis 2010. Le CHU de Nantes a également une unité de thérapie cellulaire et génétique qui travaille sur le médicament cellulaire, de sa conception à son administration. Clean Cell, entreprise du pôle Atlanpole Biotherapies, est aussi un acteur important dans la production et le contrôle qualité des médicaments innovants. Les filières de production de thérapies cellulaires, de biotechnologies sont créatrices d’emplois. Et pas seulement de chercheurs ou d’industriels. Cette filière a aussi besoin de juristes, d’avocats.

mise à jour le 20 décembre 2018



Nantes Métropole — 2, Cours du champ de Mars — 44923 Nantes Cedex 9 | Tél. 02 40 99 48 48