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Hyblab 2014 : la génération Y explore le datajournalisme

Douze équipes d’étudiants et d’étudiantes métropolitains ont planché sur des projets de datajournalisme. Rencontre, après expérience, avec l’équipe couronnée par le «Grand Prix» du Hyblab 2014.

Image. Les étudiants de grandes écoles nantaises sont devenus durant un mois des "datajournalistes".

Ils sont devenus « hyb-laboratins » et « hyb-laborantines ». Ils ont tous et toutes 20 ou 21 ans, se prédestinent aux métiers des médias à SciencesCom (école de communication et des médias du groupe Audencia), à ceux du graphisme à l’AGR (école de l’image, des arts et de la communication visuelle) et à ceux de l’informatique à Polytech Nantes (école d’ingénieurs de l’Université de Nantes) et ont plongé dans le datajournalisme. Qu’ils ont découvert et expérimenté en participant pendant un mois à l’atelier collaboratif inter-écoles, « Hyblab », créé et organisé depuis deux ans par Ouest Médialab, le premier cluster et laboratoire numérique des médias du territoire. « Nous sommes des facilitateurs ! explique Julien Kostrèche, cofondateur et copilote avec Philippe Roux de Ouest Médialab, l’idée du Hyblab, c’est de croiser les compétences, par exemple celles des journalistes et des informaticiens, et de trouver un langage commun à tous. »


 Julien Kostrèche, cofondateur et copilote de Ouest Médialab, à l'origine de l'Hyblab 2014.

Des dataviz, attiseuses de curiosité

Qu’est-ce que le datajournalisme ? Une autre manière de traiter un sujet journalistique, en visualisant, pour les faire parler, un ensemble de données (data). Des données, qui, au départ, ne sont composées que de bits et d’octets stockés sur un fichier. En un mot : il s’agit de créer et de fabriquer une datavisualisation (dites « dataviz ») qui raconte une histoire. « Les données, ça raconte la vie ! souligne Julien Kostrèche, elles permettent d’appréhender la complexité du monde, voire de la révéler. D’autant plus que le nombre de données augmente de manière exponentielle ! » . Parmi les thèmes abordés lors du Hyblab 2014 : le retour de la rougeole en France, les municipales 2014, le poids de l'économie numérique en Bretagne, la place des femmes dans la culture, le sport… Philippine Morin (AGR), Fabien Richard (Polytech Nantes) et Robin Schönfeld (SciencesCom), membres de l’équipe « We Demain » (revue partenaire, en collaboration avec Green Code Lab et Open Odyssey), racontent comment ils ont créé une dataviz interactive à propos de la facture énergétique du web.  « Le datajournalisme fait partie des nouveaux médias. Ce n’est pas juste créer une jolie carte pour illustrer un texte écrit, que rien ne remplacera, c’est de l’éditorialisation! , affirme Robin Schönfeld, cela permet de traiter des sujets complexes et de les rendre plus « digestes », plus simples à comprendre. ». « Ou plus ludiques ! ajoute Philippine Morin, le datajournalisme est une manière de conquérir le lectorat, d’attiser sa curiosité en jouant avec l’effet « nouveauté » et l’inviter à se poser des questions. Ce qui est valorisant ! ».

 

Des dataviz pour travailler autrement

Participer au Hyblab, c’est travailler intensément de manière collaborative pendant un mois. Décryptage des fichiers, traitement et analyse des données, scénarisation, création de tableaux, de graphiques, de diagrammes ou de graphes avec des outils informatiques, vulgarisation, préparation d’une maquette couleur destinée à être publiée sur le web, sessions de réalisation dans l’une ou l’autre école, brainstormings … mais aussi enquête et vérification des informations. « Créer une dataviz permet aussi de revenir aux fondamentaux du journalisme ! » affirme Julien Kostrèche.  Tout en apprenant autant aux professionnels qu’aux étudiants à travailler différemment. « On a expérimenté une autre manière de travailler ensemble, interdisciplinaire. Les techniciens n’ont pas fait que de la technique, les graphistes que du graphisme. Mais personne n’a fait le travail de l’autre ou pris sa place ! » souligne Fabien Richard. Et si c’était à refaire ? Tous les trois, après avoir décroché le « Grand Prix » du datajournalisme du Hyblab 2014, sont unanimes. Malgré le fait que cela exige un « gros » investissement (environ 90 heures de travail en un mois), ils sont prêts à replonger dedans. « C’est aux médias de s’emparer des sujets ouverts par le datajournalisme et de créer de nouveaux formats, comme les webdocs, ou d’inventer une manière de ne plus tourner les pages pour lire ! » lance Philippine Morin. Voilà c’est dit, et c’est open.

 

Cécile Faver

Photos : Franck Tomps

 

mise à jour le 27 mai 2014



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