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le 26 janvier 2010 Saint-Herblain

Un équipement solidaire unique en France

Happy apiculteurs : une miellerie pour tous

Située dans l'enceinte du lycée agricole Jules-Rieffel de Saint-Herblain, une miellerie collective est désormais ouverte à tous les apiculteurs des Pays de la Loire et de Bretagne.

Loïc Leray, président de la fédération des apiculteurs de Bretagne et des Pays de la Loire
A l'origine de ce projet unique en France, Loïc Leray, président de la fédération des apiculteurs de Bretagne et des Pays de la Loire (FABPL), entend aider les apiculteurs à développer leur activité grâce à la mise à disposition du matériel nécessaire à l'extraction et au conditionnement du miel. « Au lieu d'investir dans des machines coûteuses qui ne servent que quelques jours par an, ils pourront renforcer leur cheptel d'abeilles », explique-t-il.
Le défigeur à froidUn équipement aux normes européennes

Grâce au soutien financier de la fondation Ensemble, de la région des Pays de la Loire, du conseil général de Loire-Atlantique et de la Ville de Nantes, la fédération bénéficie désormais d'une installation aux normes sanitaires européennes et accessible à tous les apiculteurs adhérents, qu'ils soient pluriactifs (possédant plus de 40 ruches) ou professionnels (plus de 200 ruches). « Il leur suffit d'arriver avec leurs hausses, les greniers à miel des ruches, et d'enchaîner le parcours classique d'extraction du miel, de la désoperculette à la doseuse ». Equipement plus rare, « le défigeur à froid permet d'obtenir, après maturation, un miel crémeux et facile à tartiner en seulement 30 minutes », précise Loïc Leray, ravi de ses premiers essais.
Une miellerie pour tous
« Sur le modèle des coopératives d'utilisation du matériel agricole (Cuma), nous louons notre matériel à nos adhérents à la journée, indique Loïc Leray. C'est l'Unapla, union nationale des apiculteurs de Loire-Atlantique, qui est chargée de gérer le planning de la miellerie. » Pour l'heure, 30 à 40 apiculteurs se sont déclarés intéressés par l'utilisation de cet équipement.
Les amateurs possédant seulement quelques ruches continueront, en revanche, à récolter leur miel à la Maison de lapiculture, le siège de l'Unapla. « Située près du parc des Oblates, notre structure s'occupe d'un rucher-école et forme, chaque année, une cinquantaine d'apiculteurs », annonce Emilie Schoelinck, coordinatrice de l'Unapla.

La miellerie collectiveDes jeunes à sensibiliser
« Le fait d'installer notre miellerie au lycée Jules-Rieffel n'est pas anodin. Nous espérons faire connaître le métier d'apiculteur aux futurs agriculteurs et gestionnaires des espaces verts afin notamment qu'ils mesurent l'urgence de réduire l'emploi de produits phytosanitaires», confie Loïc Leray. Chaque année, la perte de 40% des cheptels de la région est en partie imputée à l'usage intensif de ces produits. Les abeilles semblent désormais mieux vivre dans la métropole nantaise où la tendance est au « zéro phyto » plutôt qu'en campagne. « Préférer les plantes mellifères comme le tilleul et l'acacia aux chênes et aux conifères, aiderait également à stabiliser les populations d'abeilles», ajoute Loïc Leray. En cette année de la biodiversité, il se prend à espérer que d'autres mielleries solidaires verront le jour afin de promouvoir les produits de la ruche, « les derniers que l'on peut qualifier de naturels ».





Le miel, quésaco ?

Dans le thé, tartiné ou à la petite cuillère… Chacun a sa manière de se délecter du miel, mais qui sait ce qu’il est et d’où il vient ?

Le mariage heureux de deux sucres
Contrairement au sucre blanc composé à 99,8% de saccharose, le miel résulte d’un mélange équilibré de glucose, de fructose et de quelques autres sucres, sels minéraux, oligoéléments, enzymes et vitamines B.
Les deux sucres majoritaires assimilables à la fois rapidement (glucose) et lentement (fructose) par notre organisme lui confère un intérêt nutritionnel important notamment pour les sportifs. Lorsque tout le glucose est brûlé par les muscles, le fructose transformé en glucose par le foie, prend le relais et permet d’éviter une éventuelle hypoglycémie. Autre atout : deux cuillérées de miel ont le pouvoir sucrant de trois morceaux de sucre blanc, pour une valeur énergétique moindre (310 kcal pour 100g de miel contre 400 kcal pour 100g de sucre).

Une histoire de passe-passe
A la belle saison, les abeilles amassent des quantités de miel en vue de nourrir la colonie durant l’hiver. Essentiellement fabriqué à partir du nectar des fleurs dites mellifères, le miel peut également provenir du miellat, une substance issue de la digestion de la sève d’arbre par des pucerons. Nectar et miellat sont tous deux constitués principalement de saccharose. Comment les butineuses sont-elles capables de nous offrir un miel pauvre en saccharose ? Elles le « pré digèrent ». L’Abeille aspire le nectar des fleurs et le stocke dans son jabot (renflement de son œsophage). Dès lors, l’élaboration du miel commence : l’invertase, une enzyme, scinde les molécules de saccharose en molécules de glucose et de fructose. C’est cette même réaction qui opère lors de la digestion du sucre dans notre intestin grêle.
De retour à la ruche, la butineuse régurgite le nectar modifié en fines gouttelettes, lesquelles sont ensuite mâchées par plusieurs ouvrières. Passé d’une trompe à l’autre, le liquide s’enrichit en sucs gastriques et en enzymes tandis qu’il s’appauvrit en eau. Le miel ainsi fabriqué est ensuite déposé dans une alvéole. Cette dernière sera obturée par un opercule de cire dès que la teneur en eau du miel sera suffisamment basse (environ 18%) pour éviter toute fermentation.

La biodiversité des miels

Qu’il soit de thym, de romarin, de châtaignier, de colza, de trèfle ou de ronce, chaque miel a une texture, un goût et un parfum particuliers.  Si le miel d’acacia reste liquide pendant des années, celui de colza cristallise en quelques jours. C’est la proportion des différents sucres qui détermine la consistance du miel : si le fructose l’emporte sur le glucose, il reste liquide.
Quant à la flaveur du miel (fruité, mentholé, acidulé…), elle varie notamment en fonction des substances aromatiques qu’il peut contenir parmi les 50 répertoriées. Leur analyse permet d'identifier son origine poly ou uniflorale. Car si chaque abeille ne s’intéresse qu’à une espèce végétale, l’ensemble de la ruche en visite un certain nombre. Par exemple, les 150 ruches installées à Nantes par l’Unapla (Union nationale des apiculteurs de Loire-Atlantique) dans le cadre du projet national « Abeille, sentinelle de l’environnement », produisent un miel toutes fleurs qui reflète la biodiversité florale de la ville.


Julie Danet
Photos : Patrick Garçon

mise à jour le 26 avril 2011



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