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Habitat participatif : vivre le logement différemment

Associant les habitants à la conception de leur cadre de vie,
les projets d’habitat participatif permettent un accès au logement dans un esprit coopératif. Sur le territoire métropolitain, dix parcelles ont été réservées pour accueillir cette forme d’habitat favorisant le vivre ensemble et la solidarité entre voisins.

Très développé en Suisse et dans les pays d’Europe du Nord, l’habitat participatif permet d’acheter ou de louer un immeuble ou des maisons à plusieurs pour partager les coûts et certains espaces (buanderie, chambre d’amis, salle de réunion ou des fêtes, etc.). Chez nous, ce modèle – officiellement reconnu depuis la loi ALUR de 2014 – fait son chemin... « Nous avons fait ce choix afin de vivre la propriété différemment, dans le vivre ensemble, le partage et la simplicité », témoigne Amandine, habitante des Petits-Moulins, un projet pionnier à Rezé. Grâce à une initiative votée en février par le conseil métropolitain, de nouveaux programmes de ce type, impliquant les habitants dans la définition et la réalisation de leur logement, vont voir le jour sur la Métropole dans les années à venir. Pourquoi ce soutien ? « Le logement constitue véritablement un projet sur lequel nous pouvons collaborer et co-construire la ville avec les habitants, explique Pascale Chiron, vice-présidente de Nantes Métropole déléguée à l’habitat social. Notre politique en matière de logement abordable nous permet de booster ce genre d’initiatives, en levant la première difficulté rencontrée : l’accès au foncier. »

 Concrètement, les communes de Nantes Métropole ont décidé de réserver des terrains pour accueillir des programmes d’habitat participatif. 10 ont été identifiés pour commencer : huit à Nantes, un à Rezé et un à Bouguenais. « Nous avons choisi des parcelles qui peuvent être opérationnelles très rapidement, précise Benoît Bellamy, de la direction de l’Habitat de Nantes Métropole. Une moitié d’entre elles sont situées dans des ZAC, ce qui permet de mobiliser l’aménageur concerné. Certains projets pourront aussi être réalisés en auto-promotion, c’est-à-dire par les habitants eux-mêmes. D’autres avec le soutien d’un maître d’ouvrage, en associant un bailleur social ou dans le cadre d’une coopérative. »

Les lots réservés à l’auto-promotion sont situés sur la ZAC Bottière-Chénaie et le nouveau quartier Erdre-Porterie (aménageur : Nantes Métropole Aménagement), ou encore sur la ZAC de la Jaguère à Rezé (Loire Océan Développement). Sur Erdre-Porterie encore, Nantes Métropole Habitat va expérimenter un programme d’une vingtaine de logements participatifs, mêlant habitat social et abordable. Les futurs locataires participeront à la définition du projet, dans le cadre d’une concertation spécifique. « Les bailleurs sociaux jouent un rôle moteur sur ce sujet de l’habitat participatif, souligne Pascale Chiron. C’est une nouvelle façon de fabriquer la ville qui ne doit pas être réservée à quelques-uns, mais au contraire être démocratisée. Ces projets répondent à une demande de mieux vivre ensemble. Ils renforcent les liens sociaux et créent de la convivialité dans leur quartier ». L’objectif est de délivrer les premiers permis de construire en 2017, avec deux à trois projets finalisés en 2019. « Cette initiative métropolitaine pour l’habitat participatif est une expérience, précise Pascale Chiron. À l’avenir, nous souhaitons y associer d’autres communes intéressées. » Avant d’aller plus loin, un premier bilan sera dressé dans un an.

Focus sur trois projets d'habitat participatif de l'agglomération :




  • Escapades à Nantes Erdre : "Mutualiser des espaces et des équipements"
À l’origine d’Escapades, un projet soutenu par Nantes Métropole Aménagement dans le cadre de la ZAC Erdre-Porterie, une discussion entre amis et collègues, qui, en 2008, réfléchissent à leur retraite. De ce groupe initial est restée Marie-Louise, motivée par «l’idée de partage et de solidarité » de l’habitat participatif. Les 9 logements du projet sont organisés en trois blocs de trois maisons alignées côté nord. Trois sont occupées par des retraités, les 6 autres par des familles avec enfants, dont celle de Ronan, qui a rejoint Escapades en 2012 : «J’étais en recherche d’une manière ouverte de vivre avec ses voisins proches, notamment en mutualisant les espaces et les équipements », explique-t-il. L’argument financier a pesé dans sa décision : « Pour le même prix, nous avions une maison dans la deuxième couronne de Nantes. De la ZAC Erdre-Porterie, je peux aller travailler à vélo ! » La famille de Sophie, elle, avait déjà fait une tentative d’habitat participatif, près de Pornic, mais le projet a échoué. « Pour vivre en habitat participatif, il faut adopter la philosophie qui va avec», prévient-elle. À Escapades, les neuf foyers se réunissent tous les 15 jours. « La relation privatif/collectif n’est pas si facile à gérer, constate Ronan. Il faut être d’accord sur ce que nous partageons en commun. »



  • Les ruches sur l'île de Nantes : " Une aventure humaine "
D’ici 2019, sur l’Île de Nantes, face à l’école primaire Aimé-Césaire, va se dresser un immeuble de 100 logements, mêlant habitat social et abordable. C’est là que prendront place les 15 logements participatifs des Ruches. « Notre projet a débuté en 2014 quand le promoteur immobilier GHT a répondu à l’appel à projets de la Samoa (la société publique d’aménagement de l’Île de Nantes) en proposant de nous y associer. Pour le mener à bien, nous avons été accompagnés par un professionnel, une assistance à maîtrise d’ouvrage », se remémore Nathalie Retailleau, membre historique du collectif. Le projet comprend des espaces achetés en commun, dont une salle de 50 m2, une chambre d’amis, un espace de stockage et de buanderie. Et réunit des habitants de 26 à 71ans. «Il y a une vraie mixité», apprécie Youssef Hajir, lequel a rejoint Les Ruches en janvier 2016, attiré par « l’aventure humaine du projet ». Membre du collectif depuis un an et demi, Morgane Daniaud, quant à elle, met en avant son envie « d’investir dans un logement avec une dimension collective et de participer à sa conception. Nous avons travaillé avec les architectes et les promoteurs. Cela demande beaucoup de disponibilité. C’est un engagement ».



  • Les petits moulins à Rezé : " Partager des valeurs communes " 
Implanté à Rezé, près de la Trocardière, Les Petits-Moulins comporte deux ensembles qui coexistent : six logements sociaux et six autres en accession groupée. Conçues sur mesure par l’architecte Laurent Raimbault, les six maisons, dont la superficie oscille entre 76 et 150 m2, sont dotées d’un jardin privatif et logent 10 adultes et 10 enfants. Certaines ont été achevées en auto-construction. « Cela permet de réduire les coûts », note Violaine, qui souhaitait avant tout « vivre en bonne intelligence avec des voisins partageant les mêmes valeurs comme le respect, le partage, la bienveillance ». Installés fin 2011, les six ménages partagent une buanderie avec trois machines à laver et une chambre d’amis en voie d’achèvement, planifient la tonte de la pelouse commune, organisent une journée collective mensuelle pour les travaux et l’entretien. « Nous possédons également un atelier de bricolage avec des outils en commun et une salle pour les réunions et les fêtes familiales», précise Christine. Le groupe œuvre aussi à partager certains espaces (jardin, salle commune, trampoline) et services (garde d’enfants, prêt de bouquins) avec les locataires des logements sociaux d’à côté.


mise à jour le 13 juillet 2016



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