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Frelon asiatique : ce qu’il faut savoir

En 2014, 1 447 nids de frelons asiatiques ont été recensés en Loire-Atlantique. Face à la recrudescence de l’insecte, apparu en France il y a dix ans du côté de Bordeaux, mesures et plans d’actions se mettent en place.


Le frelon asiatique, de son vrai nom Vespa velutina ou frelon à pattes jaunes, fait parler de lui chaque année un peu plus. Et pour cause : entre 2011 et 2014, le nombre de nids répertoriés est passé de 129 à 1447 sur la Loire- Atlantique. Les craintes que suscite cet animal, cousin du frelon européen, prennent ainsi de l’ampleur à mesure que l’hyménoptère gagne de nouveaux territoires (il est aujourd’hui présent dans les trois quarts des départements français et vient de passer la frontière espagnole). « Aujourd’hui, en Loire- Atlantique, le frelon à pattes jaunes est en voie de stabilisation, assure François Meurgey, entomologiste au Muséum d’histoire naturelle de Nantes. Il est un peu plus petit que son cousin européen et de couleur foncée, et pas plus dangereux que lui. On peut observer les nids à l’automne, lorsque les feuilles tombent. »

Où le trouve-t-on ?
Le frelon asiatique s’installe aussi bien en ville qu’à la campagne. Cela dit, il affectionne particulièrement la ville, car le climat y est plus doux. « Ainsi, il passe mieux l’hiver, et comme on installe de plus en plus de ruches en ville, il a son garde-manger à portée de nid… », précise François Meurgey.

Peut-on l’éradiquer ?
« On ne peut pas l’éradiquer. Il faut faire avec lui désormais, comme avec son cousin européen. Il va, comme d’autres insectes à d’autres époques, ou d’autres es pèces exotiques, intégrer la biodiversité du pays où il s’installe. Les espèces agrandissent continuellement leur territoire et s’adaptent à de nouveaux milieux. Le frelon à pattes jaunes est un nouveau venu, c’est pour cette raison que l’on parle beaucoup de lui et que l’on s’interroge et s’inquiète de sa présence. » Il provoque aussi des dégâts dans les ruches, ce qui irrite fortement les apiculteurs.

Comment réagir face à l’insecte ?

« Dès lors que l’on se trouve dans un périmètre éloigné de plus de 5 mètres d’un nid, il n’y a rien à craindre. Il n’attaquera pas parce qu’il ne se sentira pas en danger. En revanche, à moins de 5 mètres d’un nid, il protège sa colonie et peut devenir très agressif. Le vrai danger, c’est que lorsqu’il attaque, il le fait en groupe. » D’où le risque de choc anaphylactique en cas de piqûres multiples. Le seul moyen d’agir aujourd’hui, c’est d’abord de repérer les nids le plus tôt possible. En cas de découverte d’un nid, surtout n’approchez pas et ne risquez rien. Contactez immédiatement la mairie de la commune où le nid est installé. Chaque mairie fonctionne différemment, mais toutes ont des procédures d’intervention.

Faut-il installer un piège ?
« Le piégeage n’est utile que très près des ruches, entre août et novembre, période où il cherche des protéines pour nourrir les larves. » Le frelon à pattes jaunes est un redoutable prédateur pour les abeilles domestiques et suscite la colère des apiculteurs. Le piégeage a pour effet de faire baisser la pression sur les ruches. Mais chacun de nous doit-il se mettre à piéger cet animal ? En fait, en piégeant à n’importe quel moment, en trop grand nombre et n’importe où, on risque davantage de perturber la biodiversité ambiante et de capturer des tas d’autres espèces d’insectes utiles et inoffensives. Plusieurs études montrent que le piégeage est inefficace pour faire reculer les populations de frelons asiatiques, qui, de toute façon, se sont désormais installés en France. En outre, en piégeant les reines en début de saison, on empêche un phénomène de régulation naturelle : les reines se tuent entre elles avant de fonder une colonie, ce qui limite le nombre de nids.

Pourquoi attaque-t-il les abeilles ?
Le frelon à pattes jaunes cherche des sources de protéine pour nourrir les larves, entre août et novembre. Les abeilles domestiques, élevées par des apiculteurs, représentent 80 % de leur alimentation. Mais ils aiment aussi les fruits, la viande, le poisson (d’où parfois leur présence déplaisante sur les marchés, en ville), mais aussi les mouches, les araignées et autres papillons. Son cousin, le frelon européen, est très utile, puisqu’il peut se nourrir de 60 à 80 mouches par jour, ou de guêpes.

Met-il en danger la biodiversité ?
« Aujourd’hui, rien ne prouve qu’il menace la biodiversité, estime François Meurgey. Ce n’est pas un destructeur généralisé d’abeilles. En France, il existe 1 000 espèces d’abeilles. Le frelon à pattes jaunes tue uniquement les abeilles domestiques. À Nantes, par e x em ple, dans certains parcs, on trouve jusqu’à 30 espèces d’abeilles différentes. Le frelon à pattes jaunes ne s’intéresse pas à elles. »

A-t-il un prédateur ?
« En théorie, non. Mais la pie pourrait être son prédateur, car aujourd’hui elle mange déjà les frelons européens. » La mésange également est friande de ses larves. En Asie, les abeilles ont appris à se défendre en s’agitant autour de lui, ce qui augmente la chaleur près du prédateur et provoque sa mort.

Gwenaëll Lyvinec

mise à jour le 7 juillet 2015



Question à Vincent Brochard

Vincent Brochard
Vincent Brochard, de la FDGDON44.

Quel est le rôle de la Fédération départementale des groupements de défense contre les organismes nuisibles aux végétaux (FDGDON) de Loire-Atlantique vis-à-vis du frelon asiatique ?

« Statutairement, la FDGDON est un syndicat professionnel agricole. Nous sommes un organisme de droit privé avec des missions de service public d’intérêt général. L’État, par arrêté préfectoral, du 31 mars 2014, a nommé notre réseau FREDONFDGDON comme organisme à vocation sanitaire (OVS). Nous intervenons dans des domaines alloués aux végétaux (baccharis…) et aux animaux (frelon à pattes jaunes, chenille processionnaire, ragondin…). Entre 2010 et 2014, nous avons établi un protocole de suivi et d’étude de l’espèce dans le contexte du territoire. Aujourd’hui, à partir de ces données, nous mettons en place un plan d’action collectif auprès des communes volontaires du département, afin de garantir la sécurité des opérations (bonnes pratiques de destruction des nids) et le respect de la réglementation. La première étape est de former des référents frelons à pattes jaunes dans chaque municipalité. Si un particulier, une entreprise voit un nid, il doit contacter ce référent à la mairie. Celui-ci viendra sur place voir si c’est bien un nid de frelons asiatiques, estimera sa taille et en référera ensuite à la FDGDON 44 qui mandatera une entreprise pour organiser sa destruction et son enlèvement parmi celles qui sont référencées dans le plan d’action collective. Si la commune a adhéré au protocole et que le signalement est fait auprès de la mairie, la facturation sera ensuite envoyée à la mairie qui payera en intégralité ou partiellement selon ce qu’elle a mis en place. Nous sommes aussi engagés sur la traçabilité totale de l’opération, jusqu’après l’incinération du nid. »

Question à Christian Couturier

Christian Couturier
Christian Couturier, vice-président de Nantes Métropole en charge du cycle de l’eau, de la trame Verte et Bleue, de la Loire et des cours d’eau.

Comment la Métropole s’engage face à l’accroissement des populations de frelon asiatique sur le territoire ?

« La Métropole s’organise. Nous faisons le point sur ce qui se passe sur chacune des 24 communes de l’agglomération. Nous travaillons avec le FDGDON, pour éviter que n’importe qui intervienne n’importe comment. Nous souhaitons qu’il y ait un référent frelon dans chaque commune, qui aura la bonne réponse au bon moment pour les particuliers qui trouveront un nid chez eux. Les habitants doivent rester vigilants sur tout ce qui ressemble à un nid de frelons asiatiques et prévenir la mairie. En revanche, le piégeage généralisé n’est pas la solution. Généraliser les pièges loin de ruches, c’est avoir peu de résultats pour une élimination de nombreux insectes qui ont un rôle à jouer dans la biodiversité autres que des frelons asiatiques. Les apiculteurs peuvent, bien entendu, piéger près de leurs ruches, au bon moment et dans les meilleures conditions pour les abeilles, mais ce ne doit surtout pas être généralisé à la population. »
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