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Audrey Francisco : « Répondre à la question fondamentale de ce qu’est la matière »

La physicienne travaille au labo Subatech sur la première matière apparue après le big bang. Elle vient d’être récompensée par la bourse L’Oréal-UNESCO pour les Femmes et la Science 2018.

Image. Originaire de Région parisienne, Audrey Francisco a effectué sa thèse au labo Subatech de l'IMT Atlantique. Crédit photo: Fondation L’Oréal | Carl Diner
Audrey Francisco, quel est l’objet de votre thèse ?
Je viens juste de terminer la terminer au laboratoire Subatech, situé à l’IMT Atlantique, sous la direction de Ginés Martinez. J’étudie les particules. Le but est de comprendre la matière primordiale, la première matière qui est apparue après le big bang, et a ensuite évolué pour former les atomes, et toute la matière. J’étudie donc l’état de l’univers, quelques infinitésimales fractions de secondes après le big bang. Cet état de la matière, on arrive à le reproduire de manière expérimentale, et on essaie de comprendre ses propriétés, pour mieux comprendre la matière.

Pourquoi est-ce important?
Parce que cela permet de répondre à la question fondamentale de ce qu’est la matière.
Pour ma thèse, je travaillais sur une expérience, ALICE, située à Genève dans un accélérateur de particules. On a accéléré du plomb, des noyaux lourds, à des vitesses proches de celle de la lumière. L’accumulation d’énergie casse la matière et nous permet de l’étudier. C’est un projet scientifique en collaboration internationale, avec 1500 chercheurs originaires de 42 pays impliqués. Pour la suite, je vais poursuivre sur la même thématique, dans  le cadre d’une autre expérience. Je vais travailler sur un accélérateur situé aux Etats-Unis, le RHIC, avec l’Université de Yale.

Comment accueillez-vous cette bourse, au-delà de la simple - mais importante - question du financement de vos travaux pendant trois ans ?
C’est important, cela montre qu’il y a d’autres personnes qui reconnaissent la valeur de mon sujet. Et individuellement, beaucoup de femmes et d’hommes se posent la question de leur propre légitimité. Quand on reçoit une  récompense, c’est une reconnaissance extérieure, cela donne confiance en soi.

Près de 90% des postes à responsabilités dans le secteur de la recherche sont occupés par des hommes, c’est une situation que vous avez pu observer ?
J’ai pu le constater, même si je n’ai pas été moi-même victime de discrimination. On se rend bien compte que les hommes sont largement majoritaires. Et plus on monte haut dans la hiérarchie, moins il y a de femmes.

Cette récompense s’accompagne d’une formation en leadership, destinée à “briser le plafond de verre”...

En sciences, tout le monde a des compétences scientifiques et techniques très développées, il n’y a pas forcément de grosses  différences entre les personnes sur ces plans. Pour avoir une carrière, c’est surtout une question de réseau, de savoir intéresser d’autres personnes à notre travail, notamment via la vulgarisation. Cela permet aussi d’obtenir des financements. La communication est très importante. Dans la recherche, on a parfois différents rôles, gérer une équipe en fait partie.

mise à jour le 11 octobre 2018



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