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4 défis industriels innovants et collaboratifs

La proche collaboration entre chercheurs, industriels et entrepreneurs a fait naître près de 500 projets innovants depuis la création du pôle de compétitivité EMC2, de l’Institut de recherche technologique Jules-Verne et des Technocampus, à Bouguenais. Un rayonnement qui profite aux entreprises locales et nationales. Zoom sur quatre d’entre eux.

CHARMAN, le robot de soudage made in STX France

Le groupe industriel STX France est l’un des leaders mondiaux de la construction navale. À Saint-Nazaire, il pilote aussi des projets de recherche & développement à la pointe de la technologie, comme le projet CHARMAN.


La cobotique a le vent en poupe à l’IRT Jules-Verne et au Technocampus Ocean. CHARMAN (pour Chariot Autonome Robotisé Multifonctions pour Applications Navales) est un robot de soudage collaboratif - ou cobot piloté du sol par un opérateur - qui grimpe le long de la coque d’un bateau. Grâce à ses chenilles magnétiques, il est conçu pour souder de grands blocs de navires en acier de très forte épaisseur. Plus d’échafaudages et de nacelles ! CHARMAN est plus sécure, plus rapide et plus rentable pour les entreprises qui l’adoptent. À l’origine de ce prototype (actuellement en phase d’industrialisation) développé par les équipes de l’IRT, STX France, Servisoud, Bureau Veritas et DCNS, un projet européen : SHIPWELD, porté de 2011 à 2014 par l’école Centrale Nantes (IRCCyN), labellisé par le Pôle de compétitivité EMC2, et hébergé dans les locaux du Technocampus Composites.

« Notre intérêt est de pouvoir disposer d’un produit industriel fiable, adapté à nos besoins, le plus rapidement possible, explique Stéphane Klein, directeur adjoint en charge de la R&D chez STX France. Il est essentiel pour notre compétitivité de réduire le délais entre l’idée innovante et son application dans la « vraie vie ». Concentrer des chercheurs, des industriels et des PME au coeur du Pôle industriel d’innovation Jules-Verne est le meilleur moyen de réussir cette accélération. Disposer de bâtiments fonctionnels, accueillants rend également la R&D navale plus dynamique, plus attractive ! C’est nécessaire pour attirer les meilleures compétences.» Autre point positif : les futurs opérateurs qui travailleront aux côtés de ces robots de soudage « nouvelle génération » pourront être formés sur place, à Bouguenais.
 
Gobio, une gamme d’exosquelettes performants

Gobio développe des solutions de services robotisés, destinés à améliorer la vie des personnes dépendantes comme à diminuer la pénibilité au travail. En partenar
iat avec d’autres entreprises, des industries et des laboratoires de recherche.

Si les exosquelettes n’existaient qu’au cinéma, comme dans le film de science-fiction Avatar, et pas encore dans la réalité, il faudrait les concevoir. C’est ce qu’a fait l’entreprise Gobio, implantée à Carquefou, en 2014. « Notre savoir-faire vient de la robotique et de la santé au travail, explique Benoît Sagot-Duvauroux, dirigeant cofondateur de Gobio et directeur-adjoint du Pôle de compétitivité EMC2. Comment un robot peut rendre service à la personne, au lieu de la remplacer ? Notre gamme d’exosquelettes répond à cette question.» Un exosquelette est une « armature » technologique adaptée au corps humain pour reproduire ses mouvements.

Redonner leur autonomie à des personnes en situation de handicap, réduire la pénibilité du port ou de la manutention de lourdes charges au travail, diminuer le risque de troubles musculo-squelettiques (TMS) : tels sont les « rôles » donnés aux exosquelettes par Gobio (une équipe de 7 personnes). Des objectifs atteints, tous secteurs confondus, de l’industrie au bâtiment en passant par la logistique, en collaboration avec des laboratoires de recherche, tel le MIP (ou « Motricité, Interactions, Performances ») de l’Université de Nantes et du Mans, des grands donneurs d’ordre (PSA, Renault, SNCF…), et des PME comme Loiretech à Mauves-sur-Loire et Omega Systèmes à Saint-Philbert-de-Grand-Lieu. Sans oublier le Centre d’études sur les matériaux composites avancés (CEMCAT), l’un des acteurs du Technocampus Composites, pilier de la « Jules Verne Manufacturing Valley ». « Ce label doit être un vecteur d’accélération ! affirme Benoît Sagot-Duvauroux, nous devons avancer, non pas comme un mammouth, mais comme un poisson-pilote, aussi vif et frétillant que le gobio. C’est cela le rêve, l’ambition ! »

www.gobio-robot.com



Smart Composite Antennas, un joyau d’innovation du Grand Ouest


Issue de l’Institut d’électronique et de télécommunications de Rennes, Smart Composite Antennas sera créée officiellement à l’automne 2016. Incubée par Rennes Atalante, elle a mis au point des matériaux innovants pour les antennes.
 

Smart Composite Antennas grandit vite. Son « moteur »: des systèmes antennaires en matériaux composites (composés de fibres de carbone, de verre et de résines polyester), qui s’intègrent à des véhicules terrestres comme par exemple des camping-cars. Au lieu d’y installer une antenne parabolique extérieure et de s’évertuer à la régler à chaque arrêt ou pendant un déplacement, c’est le toit, relié à un système de commutateurs électroniques, qui fait office d’antenne omnidirectionnelle et capte à tout instant. À l’origine de cette innovation : le projet de recherche scientifique FUI-SAMCOM, co-porté de 2010 à 2015 par l’Institut d’électronique et de télécommunications ou IETR (Université Rennes 1/CNRS), DCNS (leader mondial du naval de défense), Thales Communication & Security (expert mondial dans les produits et systèmes d’information et de communication sécurisés), Plastima Composites (société mayennaise spécialisée en pièces composites), le Centre d’études sur les matériaux composites avancés pour les transports (CEMCAT), accompagné et labellisé par le Pôle de compétitivité EMC2.

« L’originalité de ces systèmes antennaires est leur grande adaptabilité aux antennes relais, notamment celles de la télévision numérique terrestre (TNT),soulignent Mohammed Himdi et Xavier Castel, tous deux enseignants-chercheurs à l’IETR. Ce projet nous a rapprochés des industriels pendant presque cinq ans. C’est une chance et une fierté, parce que plus leurs problématiques sont complexes, plus nous sommes stimulés pour trouver des solutions. C’est aussi l’occasion de former des jeunes à être à l’aise dans le monde industriel en devenant docteur-ingénieur. » Comme Yaakoub Taachouche, ingénieur de recherche à l’IETR, qui dirigera bientôt Smart Composite Antennas, récompensée lors du concours international de start-up innovantes « Hello Tomorrow Challenge 2015 ».
 


Question à Hermine Tertrais,

22 ans, doctorante à l’Institut de recherche en génie civil et mécanique (GeM), situé sur plusieurs sites à Nantes, notamment à l’École centrale, et à Saint-Nazaire.



Vous commencez votre carrière de chercheuse en sciences appliquées. Quel est l’intérêt pour vous d’avoir un pied dans le monde industriel?

« Mon sujet de thèse consiste à étudier la propagation d’un champ électromagnétique dans une pièce composite stratifiée, et d’en appliquer les résultats au chauffage micro-ondes. Il entre dans le cadre d’un projet européen, co-porté notamment par TWI, le GeM et Centrale Nantes. Là où sont les compétences ! La société TWI utilisera les résultats de modélisation et simulation que j’aurai obtenus, par exemple, pour optimiser en temps réel le procédé micro-ondes, un nouveau service pour TWI. C’est par conséquent primordial d’avoir un pied dans le monde industriel, même si les sujets en sciences fondamentales sont importants. Cela aide les industriels à comprendre le temps indispensable aux chercheurs, ainsi que les enjeux de leurs sujets de recherche, et nous, cela nous aide à mieux comprendre leurs logiques économiques. Nous avons besoin les uns des autres, sans que cela paralyse les uns ou les autres. Cette réciprocité est nécessaire. Être chercheur, c’est aussi être un acteur de la vie économique et produire des richesses. »

 

mise à jour le 30 novembre 2016



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