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20 ans de folies musicales

La Folle Journée, qui se déroule du 29 janvier au 2 février, a 20 ans. Retour sur cette belle aventure qui s’attelle à faire connaître la musique classique au plus grand nombre.

René Martin, directeur de la Folle Journée René Martin, directeur de la Folle Journée
La Folle Journée a 20 ans et l’air d’une symphonie réussie. Les premières notes qui ont mené à l’évènement se sont écrites à la Cité des Congrès en 1992, alors que le lieu vient d’être achevé. Pour l’inaugurer, l’intégrale des symphonies de Beethoven est jouée dans le grand auditorium. L’acoustique est idéale. « Parallèlement, Jean-Marc Ayrault, alors maire de Nantes, commande à René Martin, directeur artistique, un évènement qui permettrait d’ouvrir la Cité des Congrès à tous les Nantais, explique Michèle Guillossou, directrice générale de La Folle Journée. Et René Martin, directeur artistique, avait déjà pour ambition de rendre la musique classique accessible au plus grand nombre. C’est lors d’un concert de U2, à La Beaujoire, qu’il a eu une révélation… Tous ces ingrédients ont permis à La Folle Journée de voir le jour trois ans plus tard. »
La première partition de La Folle Journée, en 1995, sera consacrée à Mozart. Quarante concerts sont programmés. Le budget est de 300 000 euros, et 24 000 billets seront vendus. Mais les accords de cette première s’écrivent encore à petits pas et la réussite de l’évènement n’est pas acquise d’emblée : « Le samedi après-midi, se souvient Michèle Guillossou, alors que la veille nous n’avions pas délivré la moitié des 24 000 billets, nous étions extrêmement inquiets, car il y avait un gros investissement de la Cité des Congrès. Et puis – quelle surprise ! – nous avons été submergés par le public ! » Fil rouge de La Folle Journée, l’émotion est déjà au rendez-vous.
« J’ai un souvenir unique, le soir de la première Folle Journée, raconte René Martin. Un Nantais rentre chez lui après les concerts et m’écrit une lettre qu’il dépose le lundi matin dans ma boîte aux lettres. Cette lettre a été pour moi une émotion bouleversante, car il avait compris pourquoi j’avais créé La Folle Journée. C’est, pour moi, le plus beau témoignage de la reconnaissance du public. » Car ce qui fait la mélodie de La Folle Journée, c’est aussi ses moments de grâce, ses rencontres avec des artistes ou des oeuvres méconnus. Comme avec cette jeune fille, apprentie violoniste, émue aux larmes par un concert, et qui dévoile tout son émoi à René Martin. Comme, cette année 1995, avec la venue d’Anne Queffélec, pianiste de renom et soeur de l’écrivain Yann Queffélec. « Je la revois arriver dans la grande halle de la Cité des Congrès avec un petit manteau rouge, se remémore avec plaisir Michèle Guillossou. Nous avions une soirée inaugurale prestigieuse et nous n’avions pas commandité d’artiste… Et Anne Queffélec a été la surprise musicale. Elle est un peu l’égérie de La Folle Journée. »
Ou encore comme la présence de Barbara Hendricks, « qui, la première année, est venue quasiment incognito, et ça a été remarquable, évoque René Martin. L’année suivante, elle était invitée au sommet mondial de Davos qui se déroulait au même moment, et elle a choisi de venir à La Folle Journée, car elle estimait que sa mission était d’être là, pour le public de demain. Et pour ces 20 ans, Barbara sera là et va chanter tous les jours. »
Ainsi, au fil des années, la folle symphonie s’est enrichie. Chaque édition, tel un nouveau couplet, a connu ses révélations de compositions oubliées ou d’oeuvres peu jouées. Brahms, Chopin, Schubert, Bach se sont révélés au public, offrant, grâce à des concerts courts (45 minutes en moyenne), des moments uniques. Le nombre de concerts s’est multiplié, passant de 40 en 1995 à 310, pour la vingtième édition. « Il n’y a pas une seule Folle Journée qui se répète, nous allons toujours plus loin dans la connaissance d’un compositeur ou d’une période d’un compositeur », souligne Michèle Guillossou. Cette idée, René Martin la renouvelle en permanence en proposant « tous les 3 ou 4 ans » de mettre la barre « un petit peu plus haut », comme par exemple avec le thème des Titans, de Brahms à Strauss, « qui a donné une nouvelle orientation à l’évènement », précise encore le directeur artistique. « La Folle Journée a aussi évolué dans son concept, reprend Michèle Guillossou. Elle s’est enrichie d’initiatives, comme des représentations théâtrales. Elle a irrigué le territoire avec la médiation culturelle. » Elle poursuit ainsi son ambition de la première heure de mettre la musique classique à portée de tous, via notamment des actions auprès des scolaires et des jeunes déscolarisés, des personnes handicapées, des personnes âgées, des prisonniers… Mais aussi des ateliers de transcription, qui proposent à de jeunes musiciens amateurs de travailler leur interprétation d’une oeuvre de la programmation. Depuis 2002, l’évènement s’est également déployé en région. Et s’est même transporté à l’étranger, à Bilbao en 2002, au Japon à Tokyo (2005), Kanazawa (2008), Niigata (2010), Biwako (2010), Tosu (2011)… « Nous accueillons aussi maintenant une nouvelle génération d’artistes, et des artistes internationaux, souligne Michèle Guillossou. Et puis, les publics qui ne venaient pas au départ viennent aujourd’hui. Les artistes en redemandent, au point qu’ils appellent, déçus, quand ils ne sont pas contactés. Et c’est le seul rendez-vous où les artistes peuvent s’écouter les uns les autres ! »

Gwénaëll Lyvinec


mise à jour le 16 novembre 2016



Des canyons aux étoiles : le défi du Nouveau Monde


Pour sa 20e édition, La Folle Journée nous invite à découvrir le Nouveau Monde. Cap sur l’Amérique avec à la découverte des grands compositeurs en exil, à l’origine de nombreuses compositions et des grandes musiques de cinéma.


Le programme en détail dans nos pages Agenda et sur www.follejournee.fr La Folle Journée prend les couleurs du Nouveau Monde pour sa nouvelle édition qui se déroule du 29 janvier au 2 février. Sous l’intitulé « Des canyons aux étoiles », curieux et mélomanes pourront découvrir bon nombre de grands compositeurs sous un nouveau jour. Au programme, « de la musique américaine, avec de grandes orientations vers la musique traditionnelle, de 1850 à nos jours », explique René Martin, directeur artistique de l’évènement. Cette édition sera assez contemporaine, « avec toute la période du negro spiritual, du gospel ». Les racines du Nouveau Continent, mais aussi les États-Unis comme terre d’accueil des grands compositeurs exilés qui ont fui le nazisme ou le stalinisme, tels Rachmaninov, Bartók, Prokofiev ou Stravinsky, se révèleront au cours de ce nouvel opus. Tout comme les institutions américaines comme maîtres d’ouvrage à l’origine d’oeuvres célèbres, ou encore le cinéma. « Cette édition est audacieuse, ajoute René Martin. C’est un pari. Nous avons choisi d’aller encore plus loin pour que cette 20e année soit un bilan de toutes les éditions passées, mais surtout un nouveau départ. Nous irons sur des territoires musicaux que l’on n’a pas l’habitude de fréquenter. » Du blues, du jazz, mais aussi les airs les plus connus des comédies musicales ou des musiques de film seront ainsi au rendezvous. « Cela va concerner un large panorama de la musique américaine qui traverse tout une époque », souligne Michèle Guillossou. GL
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