Jean-Claude Pelleteur est le président de Neopolia, un réseau atypique qui fédère un vivier d’entreprises de la métropole et de la région. Sa stratégie: se souder pour conquérir de nouveaux marchés.
Jean-Claude Pelleteur, président de Neopolia / © Patrick Garçon
Jean-Claude Pelleteur est le portrait de ce que les Américains appellent le self-made man, un homme qui s’est fait tout seul. Son horizon à lui, ce sont les Chantiers de l’Atlantique, un monde de bateaux et d’industriels. Ce Nazairien d’origine a commencé à y travailler à l’âge de quinze ans en tant qu’apprenti et y est devenu ingénieur à la force du poignet.
Plus de quarante ans après, Jean-Claude Pelleteur est le grand patron de Neopolia, un réseau d’entreprises industrielles qui oeuvrent dans la navale, le ferroviaire ou l’aérospatiale. À l’heure où il est souvent question de réindustrialiser la France, cet homme lutte également contre l’air du temps. « Il faut arrêter la morosité ! Nous avons des savoir-faire, des cœurs de métiers autour de la construction navale et l’aéronautique. Nous nous diversifions, pas à pas, pour mieux nous développer, nous innovons, et nous ne réussirons que si les entreprises travaillent pour les grands donneurs d’ordre et d’autres clients. Il faut garder un coup d’avance, et nous adapter ! »
Le modèle Neopolia
Cet homme aux propos forts pilote Neopolia, le nouveau pôle industriel Atlantique. Un pôle unique en France, qui regroupe 160 petites et moyennes entreprises cumulant 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires. Ces entreprises sont enracinées dans la région, dont 44% dans la métropole nantaise. Leur credo : accompagner les « géants industriels » d’ici, tels STX et Airbus, et d’ailleurs, tels Alstom (France) et Bombardier (Canada) pour faire bloc face à la concurrence mondiale, décrocher des marchés internationaux et trouver d’autres sources de business. Ce qui fait modèle : jouer collectif auprès des grands donneurs d’ordre que sont les États et les géants mondiaux de l’entreprise. Neopolia est constitué de quatre « clusters- piliers » ou filières industrielles spécialisées : navale, aéronautique, oil & gas, ferroviaire. Chacun est conduit par un pilote. L’efficacité prime !
« Notre destin est lié aux performances des PME sous-traitantes. Le développeur commercial fait connaître un appel d’offres à plusieurs entreprises adhérentes de Neopolia, quelle que soit leur taille. Les PME ont 72 heures pour y répondre, puis se mettent en marche ensemble. C’est la force motrice de Neopolia ! » explique Jean- Claude Pelleteur.
Porté par les vents
Quand l’union fait la force industrielle, Neopolia agit. Depuis avril 2011, son cinquième cluster dédié aux énergies marines renouvelables (EMR) - c’est-àdire les énergies générées par les vents côtiers, les marées, les vagues et les courants marins - est en train de grandir à vitesse grand V ! Plus de 80 PME sont déjà impliquées, et on y parle beaucoup « éolien offshore ». Neopolia est sur le front, porté par les vents de l’océan Atlantique avec une longueur d’onde d’avance. « Neopolia vient de postuler pour être leader au niveau national de la structuration de la filière industrielle autour des EMR, » confie Jean-Claude Pelleteur, qui n’a pas oublié qu’il s’est lancé dans l’offshore dans les années 2000, alors qu’il était propriétaire du groupe financier SMC et de ses douze sociétés. Sans renier son coeur d’activité : la soustraitance. « On se bat pour les énergies de la mer parce que c’est pile poil ce qu’on sait faire. C’est un socle ! À l’horizon 2015, ce seront 2 000 à 3 000 emplois dans la région, ce n’est pas rien ! » Jean-Claude Pelleteur, « viscéralement attaché à sa région », récolte sans nostalgie les fruits de sa détermination, et continue de se battre pour l’avenir industriel de la région et de la métropole Nantes - Saint- Nazaire. Avec l’énergie qu’on lui connaît !
Cécile Faver
mise à jour le 21 mai 2012








