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du 31 mai 2012 au 1 juin 2012

Fleur Pellerin, ministre déléguée au Redressement productif, chargée des PME, de l'Innovation et de l'économie numérique, à Nantes

Le Quartier de la création : "C'est vraiment un modèle à suivre"

Les 31 mai et 1er juin 2012 se tenait à Nantes la quatrième édition du Web2Day, un événement rassemblant le gratin du web et de l'économie numérique de l'Ouest. A cette occasion, Fleur Pellerin, ministre déléguée au Redressement productif, chargée des PME, de l'Innovation et de l'économie numérique, a visité le Quartier de la création. Entretien.

Fleur Pellerin, ministre déléguée au Redressement productif, chargée des PME, de l'Innovation et de l'économie numérique, au Web2Day  à Nantes Fleur Pellerin, ministre déléguée au Redressement productif, chargée des PME, de l'Innovation et de l'économie numérique, au Web2Day à Nantes.

Dans le cadre de votre visite à la manifestation Web2day, vous venez également de découvrir le Quartier de la création sur l’Île de Nantes. Quelles sont vos premières impressions ?

Fleur PellerinFleur Pellerin : « Je suis très frappée par l’ambition et la qualité de ce qui est déjà réalisé à ce jour sur le plan architectural, sur le plan de l’esprit et de la philosophie qui président à ce Quartier de la création. C’est vraiment très impressionnant. Je trouve très bien d’essayer de créer ces synergies, qui sont difficiles à mettre en place, entre la création, les nouvelles technologies, l’entreprise… C’est l’exemple parfait de ce que nous devons nous efforcer de réaliser dans d’autres villes : mettre en symbiose à la fois l’esprit d’entreprise, l’esprit de la création, le design, l’architecture, les industries créatives et les entrepreneurs. C’est vraiment un modèle à suivre. Il n’est pas tout à fait achevé, mais je trouve cela très pertinent. »


Dans cet espace, quelle place peut occuper l’économie du monde numérique, que vous connaissez très bien ?

« Le numérique est par définition quelque chose de très transversal et « pervasif » – même si je n’aime pas tellement ce mot. Ce que je souhaite, c’est faire en sorte que ce soit un élément qui structure, qui fédère et qui se diffuse à toute l’économie et à toute la société. Je pense que c’est un levier de croissance, de démocratie, d’accès à la connaissance et je trouve que ce lieu en est très représentatif. Le numérique va permettre de redonner un nouvel élan ou un nouveau souffle aux industries traditionnelles, et il y a du symbole dans le fait que cette friche industrielle soit reconvertie dans quelque chose qui intègre le numérique dans une démarche plus générale de création et d’entrepreneuriat. Je trouve très important que le numérique ait ce rôle de dénominateur commun, de levier sur lequel peuvent s’appuyer de nouvelles activités, mais aussi des activités plus traditionnelles qui sont dans une période de renouveau. »


Dans le monde d’aujourd'hui et le monde d’après, que l’on prépare ici, quelle place doit tenir l’imagination, la créativité, dans un pays comme la France, qui fait face à une redoutable concurrence mondiale ?

« Les pays qui aujourd'hui, réussissent bien dans la compétition internationale, notamment dans les secteurs d’activité en forte croissance, sont des pays qui savent valoriser l’innovation ; pas uniquement l’innovation technologique, mais l’innovation sociale ou l’innovation non technologique. Twitter, par exemple, n’est pas une innovation technologique, mais c’est tout de même quelque chose de radicalement nouveau. Il me semble très important de pouvoir libérer cette créativité et de prendre en compte, dans la recherche et le développement, la notion d’innovation, que l’on essaie actuellement de définir pour en faire une réalité juridique – ce qui n’est pas très facile –, parce que l’on pense que le secret de la croissance repose sur l’effort de recherche et de développement, bien sûr, mais aussi qu’il faut prendre en considération, dans cet effort, tout ce qui relève de l’innovation, de la création. La créativité n’est pas réduite au dépôt de brevets ; il peut y avoir de la créativité sociale, de l’innovation sociale, et je pense qu’il est essentiel de développer cela, de l’encourager et le soutenir. »


Comment l’État peut-il encourager et soutenir cette créativité, qu’elle soit sociale ou technologique ?

« C’est difficile. Nous allons essayer de mettre en place des instruments incitatifs, qui peuvent être des instruments fiscaux ou réglementaires, mais je pense que l’État a plutôt à créer un environnement qui soit favorable. La créativité, par essence, est quelque chose de très individuel ou qui naît de synergies entre des individus, des lieux, des territoires, des activités. L’État a surtout à jouer un rôle d’incitateur, d’incubateur d’idées, ce qui ne passe pas forcément par de la législation ou de la réglementation. En tout cas, ce que l’on voit ici, c’est qu’il y a un dynamisme qui est issu de ce projet, ce projet architectural ou ce projet de développement territorial porté par les collectivités locales. Il illustre comment des politiques publiques d’infrastructures ou d’architecture peuvent créer une dynamique de création. À mon sens, l’État doit intervenir en support ou en infrastructures et ensuite, laisser les énergies et la création se libérer. »
 

Propos recueillis par David Pouilloux

mise à jour le 7 juin 2012



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