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Urgentistes de l’environnement

La Cellule opérationnelle de prévention des risques (COPR) portée par Nantes Métropole, la Ville de Nantes et l’État, a plusieurs cordes à son arc pour traquer la pollution.

Hervé Perroneau : plus on retarde la prise en charge de la pollution, plus le problème s’aggrave. Hervé Perroneau : plus on retarde la prise en charge de la pollution, plus le problème s’aggrave.
Ils sont alertés dès qu’une irisation arc-en-ciel apparaît à la surface d’un ruisseau ou qu’une fuite de mazout s’infiltre on ne sait où dans le sol, et ça fait bientôt quarante ans que ça dure. Les « chevilles ouvrières » assermentées de la COPR vont immédiatement sur le terrain, bottes au pied, examiner la situation, avant de la diagnostiquer très précisément, équipées de leurs mallettes contenant des détecteurs et des capteurs physicochimiques pour analyser l’eau, mais aussi de sondes pour savoir s’il y a des vapeurs toxiques dans l’air. Pourtant leur mission ne s’arrête pas là.

Réparer les dégâts et observer en amont
L’équipe de la COPR est constituée de Marina Menanteau, Hervé Perronneau, Stéphane Sansonetti et Fabien Le Port à Nantes Métropole. Après la découverte de pollution dans le milieu naturel, cette équipe alerte les structures avec lesquelles elle travaille quotidiennement : pompiers, police, préfecture, mairies, régies « eau » et « assainissement » de Nantes Métropole, ONIRIS, l’École nationale vétérinaire-agroalimentaire et de l’alimentation, ainsi que plusieurs laboratoires tels l’Institut départemental d’analyse et de conseil (IDAC) ou Toxilabo à Nantes, spécialisé en toxicologie et biotoxicologie. Ensuite, elle enquête, puis envoie sa facture à tout habitant, entreprise ou artisan « pollueur-payeur », selon le principe adopté par l’OCDE en 1972, en tant que principe économique visant l’imputation des coûts associés à la lutte contre la pollution. « Les pollutions aquatiques sont en majorité liées aux hydrocarbures, dont le fioul domestique à 70%. Ça commence souvent par du goutte-àgoutte ! explique Hervé Perronneau, chef de service de la COPR. Plus on retarde la prise en charge de la pollution, plus le problème s’aggrave. Mais notre rôle n’est pas punitif. Notre objectif est de réparer les dégâts à moindre coût. »
Un objectif tout à fait louable, doublé d’une connaissance pointue, acquise au fil des années, du moindre cours d’eau de la métropole nantaise, notamment l’Aubinière (Sainte-Luce-sur-Loire) et la Vertonne (Vertou) très « sensibles ». D’autant que les industriels font très régulièrement appel, en prévention, à l’oeil aiguisé des quatre experts de la Cellule Opérationnelle de Prévention des Risques, tout comme les structures partenaires.
La COPR est aussi une source d’informations et surtout de prévention !

Texte : Cécile Faver
Photo : Christiane Blanchard

Pour alerter la COPR : 02 51 86 09 50


 
Des rivières sous surveillance


Bertrand Defacque.
Bertrand Defacque.

Bertrand Defacque est technicien de rivière au sein de la direction du Cycle de l’eau, à Nantes Métropole. Il encadre des dossiers de restauration de cours d’eau non domaniaux, pour le service maîtrise d’ouvrage et conduite d’opération. Ces dossiers sur la « restauration des milieux aquatiques » relèvent de la directive cadre européenne (DCE), qui vise le bon état des masses d’eau en 2015, voire 2021 ou 2027. « Concrètement, les actions sur ces ruisseaux sont destinées à rétablir le bon état écologique par la restructuration de la végétation riveraine des berges et par la consolidation de berges érodées, menaçant un bâtiment ou une route, explique Bertrand Defacque. Afin d’améliorer la circulation des poissons et des sédiments, nous veillons également à la suppression de seuils ou embâcles, comme les déchets et les troncs d’arbre, dans le lit du cours d’eau. » Autre opération réalisée : l’apport de matériaux de carrière pour diversifier les écoulements et permettre des habitats piscicoles. « Mon métier requiert de la communication, en particulier pour convaincre les propriétaires, souvent des agriculteurs, de l’importance d’entretenir les cours d’eau qui traversent leurs terrains. » Actuellement, une étude relative à la Chézine et ses affluents est en cours pour aboutir à des travaux en 2015 et 2016, après autorisation « Loi sur l’eau » délivrée par arrêté préfectoral. Tout au long de l’opération, des suivis sur l’état de la faune et de la flore sont réalisés pour connaître l’évolution des milieux.


Les gardiens du réseau d’assainissement

Manuel Echevarria.
Manuel Echevarria.

Rattaché au service de l’assainissement, Manuel Echevarria fait partie des 20 égoutiers qui assurent une mission de vérification, de prévention et d’entretien du réseau d’assainissement de Nantes Métropole, soit 126 kilomètres visitables, localisés sur Nantes, et 2 700 kilomètres non visitables, répartis sur toute l’agglomération. Parmi leurs missions, des opérations de dératisation, effectuées en surface et, lors de ventes de maisons et d’immeubles, la vérification du bon raccordement des canalisations au réseau. Seules personnes habilitées à descendre dans le réseau visitable, les égoutiers explorent régulièrement les canalisations hautes de 1,20 m ou de 1,80 m. « Nous retirons le sable et les cailloux présents et nettoyons les chambres à sable qui font office de filtres. Nous assistons aussi les travailleurs du secteur privé qui veulent accéder au réseau, explique Manuel Echevarria, car, c’est un milieu un peu dangereux, humide et obscur. Il faut avoir de bonnes capacités physiques. » Et accepter des horaires de travail décalés, de 6 h à 13 h, le réseau étant alors moins chargé en eau. Lors de certaines descentes, il leur arrive d’être confrontés à des émanations désagréables. Certaines canalisations, plus anciennes, sont plus exiguës, et demande une bonne technique. « Chaque descente est différente, souligne Manuel. J’aime cette partie d’inconnu dans mon travail. »


Vérifier les eaux de provenance industrielle

Brigitte Hurtault.
Brigitte Hurtault.

Chargée des conventions et des autorisations de déversement d’eaux des industries sur le territoire métropolitain, Brigitte Hurtault, à la direction du Cycle de l’eau de Nantes Métropole, effectue chaque année environ 150 visites d’industries de tous types, les activités artisanales et commerciales étant également concernées. « Pour le moment, nous avons répertorié 2 500 industriels sur 3 600 estimés », précise-t-elle. Concrètement, pour chaque site visité, elle vérifie la conformité des installations intérieures d’assainissement ainsi que la qualité des eaux déversées, laquelle doit être en adéquation avec la réglementation nationale et le règlement d’assainissement collectif de Nantes Métropole. « Quand tout va bien, nous rédigeons une convention de déversement pour les industriels et une autorisation de déversement pour les artisans, les commerçants ou encore les professions libérales. » En cas de problème, l’industriel en question est prévenu de son obligation de mettre en place un système de prétraitement en conformité avec la réglementation. « De nos jours, le secteur industriel est davantage conscient du danger potentiel de certains rejets pour la santé des égoutiers, et de l’impact éventuel de son activité sur l’environnement. »


Textes : Isabelle Corbé
Photos : Franck Tomps
 

mise à jour le 3 mars 2014



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