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Les déchets passés au crible

Les Assises nationales des déchets se sont tenues à Nantes, début octobre. Une occasion pour échanger entre collectivités, industriels et associations sur les actions menées et celles à venir concernant la réduction et le recyclage des déchets. Mais aussi de tracer une feuille de route pour le futur.

Les Assises ont permis de tracer de nouvelles perspectives d’ici à 2020 Les Assises ont permis de tracer de nouvelles perspectives d’ici à 2020
Ordures ménagères, déchets électroménagers et électriques, gravats de chantiers… Les déchets se comptent en centaines de kilos par an et par habitant. À cela s’ajoutent les déchets industriels qui représentent 250 millions de tonnes par an, en France. Afin d’harmoniser au niveau national les mesures à prendre face à l’augmentation des déchets, différents plans de gestion des déchets ont été mis en place. Le dernier (2009-2013) s’achève cette année. Les Assises nationales des déchets, qui se déroulaient début octobre, révélaient le bilan de ce plan et les actions à mener de 2014 à 2020.
Sur Nantes Métropole, le plan de prévention local des déchets a incité chacun à moins jeter, et aujourd’hui chaque habitant jette 328 kg de déchets par an. Soit 31 kg de moins qu’en 2008. L’objectif étant de réduire encore le volume de nos poubelles de 10 kg d’ici à 2014. « Nous sommes vertueux par rapport aux mesures nationales », souligne Michèle Gressus, vice-présidente de Nantes Métropole en charge des déchets.
Durant les deux jours de la manifestation, au cours de huit ateliers, les représentants de collectivités, les industriels, associations et élus ont pu échanger sur des thèmes concrets, comme la valorisation énergétique, soit la transformation du déchet en chaleur par exemple, les nouveaux potentiels à exploiter en matière de technologies, ou encore la ressource des déchets de chantier. Les échanges ont notamment permis de tracer de nouvelles perspectives pour le plan national de gestion des déchets 2014-2020. La prévention des déchets, c’est-à-dire apprendre à jeter moins et mieux, est l’un des points majeurs de ce plan national, révélé en filigrane par Patricia Blanc, directrice générale de la prévention des déchets au ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie lors de ces Assises. De même, l’obligation d’écoconception, autrement dit la fabrication de produits avec une durée de vie plus longue et réalisés avec des matières dont on connaît les filières de recyclage, était un point important qui sera mis en place dans les années à venir. La simplification des règlements, l’identification et le contrôle accru des sites recevant les rebuts de ferraille et d’électroménager, seront aussi dans ce nouveau plan. « Ces Assises permettent d’avoir une vision nationale, une vision d’ensemble pour avoir une vraie cohérence sur tout le pays, souligne Michèle Gressus. Le nouveau plan déchets de Nantes Métropole s’appuiera sur les bases du plan national. C’est un plan qui est dans une dynamique que nous poursuivons. »

Gwenaëll Lyvinec


Valorisation énergétique : le mieux est à venir

Philippe Spatschek
Philippe Spatschek

L’usine Alcea, sur la prairie de Mauves, à Nantes, incinère les déchets ménagers des habitants de la métropole pour chauffer les Nantais. « Aujourd’hui, l’usine est équipée de deux fours-chaudières qui brûlent 9,5 tonnes de déchets à l’heure chacun et qui tournent en continu », explique Philippe Spatschek, directeur du site. La chaleur générée par la combustion des déchets permet, via une chaudière, de produire de l’eau surchauffée, envoyée sur le réseau de chaleur Centre Loire. Ce même réseau permet d’alimenter en chauffage et eau chaude sanitaire les logements collectifs, le CHU Hôtel Dieu, le Lieu Unique, la Cité des Congrès, le quartier Malakoff…. Hors période de chauffe, de mai à octobre, « une grande partie de l’énergie non valorisée actuellement est perdue », explique Philippe Spatschek. Afin d’optimiser la valorisation énergétique, Alcea installera, pour l’automne 2014, un ORC*, (cycle organique de Rankine) qui permettra de transformer l’énergie en électricité. Cette technologie est une première en France dans une unité de valorisation énergétique. GL
* L’ORC tient son nom du physicien écossais William Rankine (XIXe siècle) qui permit l’essor de la production d’énergie électrique.


Déchets de chantiers : du béton au granulat

Loïc Berthou-Guyader
Loïc Berthou-Guyader

Aux Pontreaux, à Bouguenais, l’entreprise de matériaux de construction Lafarge Granulats Ouest a installé une importante plateforme de recyclage. Ici, les matériaux issus de la démolition des bâtiments et des routes sont regroupés afin d’être recyclés. Triés, concassés, déferaillés, criblés, ils sont ensuite revendus aux entreprises de travaux publics nantaises pour les sous-couches routières ou les remblais de réseaux. Les Pontreaux étaient une carrière jusqu’en 2007. Le site accueille aujourd’hui les déblais de chantiers inertes, tels que la terre creusée sur les chantiers de construction, et sert aussi de dépôt de granulats naturels. « L’intérêt est double pour les entreprises de travaux publics, assure Loïc Berthou-Guyader, chef des ventes granulats. Elles nous confient leurs terres de terrassement et repartent en charge avec les granulats nécessaires à leurs chantiers. L’économie de transport est réelle. » L’entreprise vient également de créer un granulat à partir des surplus de béton. « L’idée est que le produit vu comme un déchet devienne une matière première, ajoute Loïc Berthou-Guyader. Cela permet de progresser dans la démarche pour que le matériau devienne recyclable à l’infini. » Suite à l’expérience des Pontreaux, Lafarge a lancé le développement de deux nouveaux sites de recyclage à proximité de la métropole : à Chauvé et à Saint-Philbert-de-Bouaine (85).


Composter ensemble pour mieux recycler

Pascal Retière
Pascal Retière

Melons poussés au hasard, tomates se mêlant aux potirons… Sur le site de Compostri à la Crapaudine, à Nantes Sud, les plantes poussent avec le fertilisant issu du composteur collectif, installé par l’association Compostri. Les habitants du quartier et les jardiniers du coin viennent déposer là leurs déchets organiques et voient le résultat de leur démarche. « Le compostage partagé permet de créer du lien social, explique Pascal Retière, directeur de l’association de compostage collectif. Le composteur est un lieu de rencontres et ça apprend les écogestes tout en permettant de faire le lien entre la terre et le jardin. » Le pavillon de compostage reçoit ainsi plusieurs tonnes de déchets organiques par an. « Nous venons d’installer notre 100e composteur collectif à Nantes, reprend le directeur, soit 1000 familles, qui compostent 125 tonnes par an. » Chacun peut ainsi apprendre à jeter autrement. « Pour bien recycler la matière organique, il faut la trier à la source et multiplier les éléments organiques, insiste Pascal Retière. L’objectif est de récréer la nature avec toute sa biodiversité et les insectes qui y évoluent », conclut ce mordu de nature. GL

Nantes Métropole aide au financement de composteur individuel à hauteur de 20 € sans condition de ressources.


Recycler les plastiques en granulés

Tristan Lomenech

En France, on recycle moins de 20 % des matières plastiques. Sans compter que notre région est la deuxième en termes d’emplois dans les métiers de la plasturgie. Sans compter que Tristan Lomenech a l’esprit d’entreprise dans son ADN. C’est de cette convergence qu’est née l’idée de créer en mai 2013 Les Plastiques Recyclés de l’Ouest, une entreprise déjà en phase d’industrialisation. Au coeur de son activité : une technologie de régénération des déchets de plastiques expansés. Le plus important gisement : le polystyrène expansé, utilisé notamment dans les services de livraison à domicile, pour emballer les produits électroménagers et informatiques. L’entreprise est la seule en France à savoir les « préparer » afin qu’ils deviennent des granulés. Une opération qui consiste à enlever mécaniquement l’air et les pollutions, telle l’encre des étiquettes. Installé dans ses nouveaux locaux situés au Nord de l’agglomération nantaise, Tristan Lomenech tient seul les rênes d’une entreprise qui innove pour se différencier. « Je me suis senti d’emblée concerné par le nouveau dispositif d’Atlanpole, qui cible les entreprises écoinnovantes comme la mienne, souligne-t-il. Cela va m’aider à protéger mon innovation, à définir mon modèle économique, à trouver des pistes d’export et à entrer en contact plus facilement avec les industriels et les centres de recherche. » Sans compter que Tristan Lomenech a déjà prévu de créer six ou sept emplois d’ici trois ans. CF

mise à jour le 30 octobre 2013



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