Malgré cette période de crise, le tourisme reste une valeur sûre et un des moteurs de l’économie européenne, générant de l’emploi et des ressources financières. Pour développer leur attractivité touristique, les villes européennes déploient de multiples stratégies, s’appuyant sur leurs services publics, à l’exemple du Voyage à Nantes.
La Folle journée 2012 / © Patrick Garçon
« Le tourisme est une activité non délocalisable et qui a des retombées sur tout le territoire », assure Thierry Durnerin, président de la commission Entreprises locales du CEEP (centre européen des employeurs et entreprises des services publics), à l’occasion de la réunion de la commission du CEEP qui se déroulait début février à Nantes. Ce constat, tous les invités européens - conseiller général anglais, maires allemands de différents communes, et autres représentant de l’Espagne - l’ont fait tacitement en exposant leur stratégie pour développer le tourisme et l’attractivité de leur commune, ville ou pays, au regard de ce que cela représente en matière d’emploi et de ressources. Offre de loisirs attractifs, patrimoine naturel valorisé, richesse patrimoniale mise en scène… chaque pays à sa manière réinvestit le champ touristique par le biais de structures publiques, ce qui est « une tendance forte actuellement », souligne Valérie Demangeau, vice présidente de Nantes Métropole en charge du tourisme. En se réunissant ainsi à Nantes, les élus européens ont pu échanger, mais aussi réfléchir aux nouvelles stratégies à entreprendre face aux actuelles réformes de la réglementation européenne.
Faire vivre le territoire
« Le tourisme reste une question centrale pour le développement économique local », comme le dira un conseiller général du Royaume Uni. Ainsi, Le Voyage à Nantes, société publique locale (SPL), a été développé pour rendre la ville plus attractive à l’échelle locale, mais aussi pour que Nantes et sa métropole puissent se positionner comme une destination touristique de référence au sein de l’Europe. « La création du Voyage à Nantes est née du constat que la ville possédait un patrimoine très dispersé mais pas de grand monuments, explique Valérie Demangeau, également présidente de la SPL Le Voyage à Nantes. Néanmoins, un certain nombre de richesses culturelles se sont peu à peu construites, en termes d’architecture, mais aussi en termes d’actions comme la Folle Journée, par exemple. Nous avons aussi constaté qu’un certain nombre d’acteurs (économie mixte, acteurs privés ou semi-privés) travaillaient chacun dans leur coin avec ce même objectif d’attractivité. Nous avons donc décidé de créer une société publique locale pour mutualiser les forces des différentes structures qui gèrent le patrimoine emblématique de Nantes. Nous avons voulu associer des partenaires, ainsi, cette SPL regroupe Nantes et Saint-Nazaire, pour faire vivre ce grand territoire en matière d’attractivité. »
Des propositions renversantes
Pour mettre davantage en avant cet exemple du Voyage à Nantes, présentation a été faite par Jean Blaise, directeur de la structure, de l’événement qui se déroulera cet été, face au public d’Européens, potentiels touristes de la métropole. « Depuis 20 ans, nous avons construit un dispositif culturel exceptionnel, souligne Jean Blaise, et c’est cet ensemble que l’on veut relier dans un vaste parcours qui passera par le patrimoine, des lieux contemporains et le patrimoine immatériel de la ville, sa poésie. » Du 15 juin au 19 août, il sera donc possible de découvrir la ville « renversée », sous d’autres angles que ceux que l’on connait. Tombeau de la cathédrale, création artistique en haut de la tour de Bretagne, mur d’escalade sur la fontaine de la Place Royale… les propositions renversantes seront multiples. « On souhaitait aller sur un domaine un peu décalé, avant-gardiste, insiste encore Valérie Demangeau. 2012 sera la ville renversée par l’art. C’est un pari qu’on peut se permettre de faire parce qu’on est en SPL. »
Gwenaëll Lyvinec
mise à jour le 27 février 2012










