Indre
L'équipe municipale insuffle une nouvelle politique culturelle axée sur l'accessibilité aux spectacles et la proximité avec les habitants, grâce à la programmation « Ici ou là ».
Une compagnie investie dans la vie culturelle
Créée pour accompagner la mise en place de la saison culturelle indraise, l'association La compagnie des Indres initie également ses propres manifestations : marathon photo, séance court-métrage ou soirée Bastringue le 13 juillet.
Lors de la mise en œuvre de sa programmation culturelle « Ici ou là », la mairie d'Indre s'est tournée vers les habitants avec une proposition inhabituelle : participer au projet en donnant un coup de main, technique ou organisationnel. Deux ans plus tard, 80 bénévoles ayant répondu favorablement à la sollicitation municipale, l'idée de monter une association a fait son chemin. « Il n'y a pas d'adhésion au sens classique. Chaque personne ayant participé devient membre de fait de La compagnie des Indres », décrit Franck Angomard, son président. « Aujourd'hui, l'association compte une centaine de membres âgés de 25 à 68 ans, dont une bonne quarantaine très actifs. » De fil en aiguille, des idées jaillissent, des envies voient le jour. Pourquoi ne pas profiter du chapiteau de Madame Suzie, érigé plusieurs semaines dans le cadre d'une résidence d'artistes ? C'est ainsi qu'une soirée court-métrage se déroule en 2010, suivie d'une seconde l'an dernier, sans omettre un marathon photo : « Un dimanche, une quarantaine d'habitants ont déambulé dans Indre, prenant une dizaine de photos sur des thèmes très précis, comme la couleur rouge, narre Sébastien Mouton, nouveau venu dans la compagnie. Depuis peu, en partenariat avec les commerçants du marché d'Indre, des apéros gratuits prennent aussi place en bord de Loire. Et d'autres projets sont en cours, chacun générant la création d'une commission : documentaire, café littéraire, art à domicile... « Chacun s'investit comme il le souhaite, relève Franck Angomard. Nous essayons de toucher à tous les domaines, excepté le spectacle vivant, que nous laissons à la mairie. » Leur fait d'armes le plus notable consiste dans une soirée « baloche » organisée le 13 juillet 2011. Il finit : « Le Bastringue a été un temps fort. Avant, il y avait juste le feu d'artifice, rien avant, rien après. L'idée était d'en faire un événement populaire et convivial à destination de tous. » D'ores et déjà, un second Bastringue est programmé en 2012.
Le nomadisme appliqué au spectacle ![]() « Ici ou là », intitulé de la saison culturelle indraise, porte bien son nom. Une quinzaine de rendez-vous annuels se déroulant soit chez des particuliers, soit dans des espaces publics, et non dans un lieu culturel figé, qui n'existe pas à Indre... Des (Re)lectures sous un pin parasol en bord de Loire, Le petit déballage de récits d'aventurières chez un habitant, la troupe La Jurassienne de réparation à la buvette de Haute-Indre, le spectacle d'un Clown à prétention magique sous un chapiteau : voilà un avant-goût du programme d'« Ici ou là », concocté par Olivier Langlois, directeur du service culturel d'Indre. « Une programmation mouvante, dont on ne s'interdit pas de modifier la périodicité », précise-t-il. Cette manière de programmer présente aussi une contrainte forte : « Cela oblige à réfléchir plus que dans le cas de figure d'un spectacle dans une salle. Pour chaque spectacle, nous devons trouver le contexte qui le mette en valeur. » Seul accroc à cette règle en cinq ans, pour un spectacle destiné au jeune public : l'utilisation de la salle polyvalente municipale. Les premiers temps chez l'habitant, les spectacles se déroulent désormais essentiellement en extérieur. « Au début, nous sommes beaucoup allés chez les particuliers. Depuis deux ans, nous investissons plus l'espace public, comme les quais et le marché dominical, afin de toucher encore plus de personnes. » Les spectacles chez l'habitant étaient cette année au nombre de trois. « L'accueil des spectateurs est important, avec la petite touche, comme le verre de vin offert. En fait, le spectacle n'est pas la seule finalité. Ainsi, des personnes venues contempler le feu d'artifice du 13 juillet n'ont peut-être pas aimé les autres animations proposées, mais ils ont apprécié le moment. » |
Un dimanche, au marché...
À Indre, au détour d'une allée du marché dominical, il arrive que le badaud se fasse tirer le portrait près d'une caravane ou s'initie au sophro-épluchage. Ces deux animations rentraient dans le cadre de la programmation culturelle « Ici ou là ».
Un dimanche d’automne, en face de l'étal d'un charcutier, la caravane photographique itinérante de Manu, Claire et Bastien est stationnée, invitant à se faire tirer le portrait. Ceux qui le souhaitent peuvent même assister à la révélation de l'image, avant que le cliché ne soit fixé à un sèche-linge pour ensuite être récupéré par le modèle photographié. À l'extrémité opposée du marché indrais, se déroule un tout autre rituel : celui d'une soupe collective bien singulière, une « installation maraîchère » imaginée par le collectif féminin bordelais « La grosse situation ». Le principe : le « patient » apporte un légume, chou, carotte, oignon, poireau ou tomate, peu importe. Dans le salon d'attente, il lit le journal, déguste des fraises ou feuillette des recettes de cuisine. Ensuite, installé dans une cabine, un casque sur les oreilles, il épluche sa pomme de terre ou son navet tout en écoutant une histoire de légumes préalablement sélectionnée : légumes rouges « chahuteurs ou à tendance révolutionnaire », légumes oubliés « passés à la frappe » ou encore légumes pudiques « à couches, cosses, chemises et autres cache-cœurs ». « L'objectif est d'amener les personnes à prendre le temps, à ne pas faire leur marché tambour battant », explique Cécile, membre de « La grosse situation ». Une fois le légume épluché, celui-ci rejoint la tambouille qui mijote, mijote... avant d'être dégustée, par tous, à l'heure de l'apéro ! »
Textes : Isabelle Corbé
Photos : Patrick Garçon
mise à jour le 11 janvier 2012
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