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le 9 mai 2011

Découvrez ma jolie maison bioclimatique

La famille Marchand a fait construire une maison à ossature bois et a misé sur les énergies renouvelables. Un avant-goût de la maison de demain…

Découvrez ma jolie maison bioclimatique Sylvain Marchand, blogueur bioclimatique / © Patrick Garçon

Nous sommes dans le vignoble Nantais. Un beau soleil printanier fait grimper le thermomètre à plus de 25 °C. Au cœur d’un lotissement, avec ses maisons individuelles et ses jardinets, une bâtisse tranche par sa couleur, rouge et grise, loin des murs jaunes, ocre et orangés tant dans l’air du temps. Mais son originalité première n’est pas là. « C’est une maison à ossature bois, mais surtout une maison bioclimatique, explique Sylvain Marchand, le propriétaire, en compagnie de sa femme Carine et de son fils Esteban. Cela veut dire qu’elle est orientée plein Sud. Les pièces de vie, cuisine, salon, salle à manger sont au Sud, alors que les pièces tampons, salle de bains, toilettes, sont au Nord, et elles ont des petites fenêtres. » La lumière et donc la chaleur entrent par de grandes baies vitrées, en particulier en hiver, et permettent des économies de chauffage. Un poêle à pellets (granulés de bois), un chauffe-eau solaire, une VMC double flux, équipent cette maison qui consomme peu : 50 euros d’électricité par mois, 160 euros de pellets par an. « Mais le plus important n’est pas là, estime Sylvain Marchand. Avant de se demander comment on va produire de l’énergie, il faut se demander comment on va en économiser. L’énergie qui coûte le moins cher, c’est celle que l’on ne consomme pas. Une bonne isolation de la maison est la priorité numéro un. » Ici, ce sera la fibre de bois, pour sa qualité d’isolation l’hiver et sa densité réduisant la surchauffe l’été.

Un blog à succès
Après 15 déménagements en 15 ans, le choix de se lancer en 2008 dans la construction d’une maison à ossature bois a été avant tout une question de bon sens. « On vivait dans un appartement à Carquefou, déclare Sylvain Marchand. On s’est dit : quitte à construire quelque chose, autant limiter notre impact sur la planète. » L’avis des autres ? Nos amis étaient réticents. Ils nous disaient : vous allez construire la maison des Trois Petits Cochons ? Elle est en bois, elle va prendre feu. » Afin d’affiner leur projet, la famille se renseigne. Une visite au Salon Bois d’Angers, un intérêt pour le projet de Maison In Patio d’Olivier Flahaut, et beaucoup de recherches sur Internet ont fait avancer la réflexion du jeune couple. « Pour ce genre de maison bioclimatique, nous avons peu de recul en France. Les Allemands et les Suisses sont beaucoup plus en avance que nous, raconte Sylvain. J’ai décidé d’ouvrir un blog pour faire partager notre aventure, pour échanger des conseils, trouver de bons professionnels, acheter au meilleur rapport qualité/ prix. En deux ans, j’ai eu plus de 238 000 visites ! » Un chiffre impressionnant qui témoigne de l’engouement pour ces maisons et ces équipements faisant appel aux énergies renouvelables.

Éviter les pièges
« C’est à la mode depuis 5 ans, mais il faut faire attention, prévient Sylvain. Un certain nombre d’installateurs cherchent davantage à vendre du crédit d’impôt que la meilleure solution adaptée au besoin réel du client. » Un exemple : on vend des chauffe-eau solaires à l’efficacité très relative. « Le mien chauffait autant notre cellier que l’eau de la maison. » Il dit aussi : « Certains savent vendre les 45% de crédit d’impôt des éoliennes en promettant une indépendance énergétique, ce qui est impossible en milieu urbain. Mais c’est un bon complément d’énergie d’origine naturelle quand l’emplacement s’y prête.  » Idem avec le poêle à pellets : « Certains ont une ventilation et font un bruit qui peut gêner. Il faut le dire aux clients. Malheureusement, certains vendeurs ne savent pas toujours les installer correctement. » Si on recherche les énergies renouvelables pour gagner de l’argent, il faut intégrer le coût de maintenance annuel, le coût d’une intervention d’un professionnel et le coût du recyclage. Autant dire qu’il faut d’abord penser aux énergies renouvelables pour profiter d’un complément d’énergie naturelle, avant l’aspect économique. Tout comme on n’achète pas une voiture pour gagner de l’argent, mais pour se déplacer. Une solution pour éviter les pièges ? « L’association Alisée, à Nantes, propose des conférences, des achats groupés, des adresses de bons professionnels. » Il y a aussi le blog de Sylvain qui invite chacun à réfléchir avant de passer à l’action.

Le futur ? Les autres ? « Beaucoup d’entre nous rêvent d’avoir une maison confortable qui consomme peu d’énergie, avec un jardin, mais cela a un prix, estime Sylvain Marchand. Il faudrait aussi se mettre à construire des logements sociaux à basse consommation d’énergie. »

David Pouilloux


mise à jour le 6 mai 2011



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