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Une île bien ancrée...
Le 18 septembre dernier, une quarantaine de journalistes français et européens, de spécialistes de l'urbanisme et de l'architecture visitaient l'Ile de Nantes...
.... et rencontraient les différents « artisans » du grand projet d'aménagement : Jean-Marc Ayrault, président de Nantes Métropole, Laurent Théry, directeur de la SAMOA , Alexandre Chémetoff, architecte-paysagiste maître d'oeuvre du projet, et les architectes Florian de Pous, Fabrice Dusapin, Michel Bertreux. Cette visite les a menés de la future Ecole d'architecture au projet de Christian de Portzamparc en lieu et place de l'ancien Tripode, au cœur d'un projet qui conjugue diversité patrimoniale et architecturale.Enlacés par la Loire, face au centre-ville de Nantes, les 337 hectares de l'île de Nantes constituaient un ensemble hétérogène fait d'un vieux faubourg, d'un grand ensemble d'habitat datant des années 60, d'entreprises et de bureaux, et de friches industrielles. Bien qu'au centre géographique de l'agglomération nantaise, l'Ile restait à l'écart des pulsations et du cœur culturel de la ville, ses grandes artères la cantonnant aux flux Nord-Sud et aux activités industrielles. Le séisme de la fermeture des chantiers navals a marqué nombre de Nantais. Quinze ans après, le projet d'aménagement de l'Ile est en marche, c'est l'un des plus grands projets urbains en France et en Europe. « A la fin des années quatre-vingt, il a fallu prendre à bras le corps le destin de l'Île de Nantes. Que faire de toutes ses friches industrielles ? Comment redessiner le nouveau centre-ville ? Quel rapport la ville devait établir avec son histoire ? Des projets comme les Nefs, les Machines de l'île, les anneaux de Buren, le Hangar à bananes montrent que le patrimoine n'a pas été oublié, mais au contraire qu'il continue à être partagé. » résume Jean-Marc Ayrault.
Regarder la ville et faire avec l'existant.
Les premiers travaux engagés ont concerné les espaces publics, les nouvelles constructions s'implantent dans des quartiers immédiatement agréables à vivre. Au gré des revalorisations urbanistiques, il est étonnant de voir à quel point la vie peut rapidement prendre forme. Le réaménagement du quai François Mitterrand et des trottoirs environnant la place François II a immédiatement égayé le quartier. Les cafés ont déployé leurs terrasses, des joueurs de pétanque ont investi la place.
Du Blockhaus au pavé, tout est recyclé ! Le respect de l'héritage historique de l'île de Nantes est un axe prioritaire du réaménagement. Pour Alexandre Chémetoff, « le passé de l'Île de Nantes n'est pas une contrainte, mais une ressource pour les nouveaux projets. Le patrimoine historique est intégré dans la matière même des nouveaux espaces publics ou des nouveaux bâtiments. ». Ainsi, les anciennes cales des Chantiers de l'Atlantique accueilleront très bientôt un jardin, un belvédère et des locaux associatifs. Les Nefs abritent déjà les Machines de l'Ile et le grand Eléphant, et verront bientôt naître la Fabrique. Et les halles de l'usine Alstom où se fabriquaient les bateaux produisent aujourd'hui de l'image et du media. Sur le quai des Antilles, le Hangar accueillait à la fin des années 40 les navires bananiers, les 8000m2 de l'entrepôt abritent aujourd'hui une galerie d'art contemporain, 3 restaurants, 7 bars et une boîte de nuit.
Restaurer des relations fertiles entre les territoires urbanisées et le fleuve.
La Loire, dont le niveau a baissé de plus de 4,50m en 100 ans, doit redevenir un élément central et fédérateur du paysage nantais. Les quais et berges ont donc été réaménagés en lieux de balades, d'habitations et de commerces. La création de deux nouveaux pontons devrait également offrir une nouvelle escale aux bateaux de plaisance et navires légers. « Pendant des années, la ville a tourné le dos au fleuve. La Loire était un lieu d'activité portuaire et industrielle avec une fonction de labeur, de chenal, de passage adapté aux activités économiques. Après la crise des années 70 et la phase de désindustrialisation, l'île de Nantes est devenue une friche et les activités portuaires ont glissé vers l'aval de l'estuaire. Dès lors, c'est l'Erdre, l'affluent, qui a symbolisé le nouveau développement d'une Nantes plus tertiaire. La ville s'est ainsi continentalisée, détournée de son axe historique. Il a fallu que les esprits se reconfigurent. » explique Laurent Théry.
Un terrain de jeux pour l'architecture contemporaine.
L'école d'architecture en construction, conçue par les architectes de Lacaton et Vassal, est particulièrement emblématique de l'esprit Ile de Nantes avec une approche qui explore les contraintes et les transforme en énergie créatrice du projet. Tous les moyens à disposition sont optimisés sans a priori - le budget, les techniques, les matériaux, l'environnement naturel - avec le souci premier de servir le bien-être de ceux qui habiteront et fréquenteront ces réalisations. Plutôt que d'envisager une banale cour intérieure fermée, les concepteurs du projet ont imaginé une terrasse conviviale et festive sur le toit, sorte d'observatoire en bord de Loire. La force de leur langage réside dans cette recherche obstinée de réponses précises, non définitives, sans bavardage esthétique et ouvertes sur la ville. Lors de la conception du programme, ils sont partis du volume maximal possible pour créer différents pôles. « L'école d'architecture a été pensée pour être un bâtiment évolutif. Près de 5000 m2 seront disponibles à l'intérieur pour de nouveaux besoins. C'est un espace ouvert, lumineux, avec beaucoup de transparence. L'été, la chaleur est évacuée par un système d'ouverture comparable à celui utilisé dans les serres. En hiver, les surfaces vitrées très importantes laissent entrer la lumière. » explique Florian de Pous, un des architectes du programme. L'Ecole accueillera 1000 étudiants au premier trimestre 2009.
La ville de demain se fabrique sur l'Ile de Nantes, accueillant tous les usages et toutes les populations, portée par un projet qui illustre le passage d'une époque à l'autre et résonne à l'échelle européenne. Cette visite de jeudi a montré l'attractivité et l'intérêt que suscite un aménagement urbain innovant, où la modernité trouve son ressort dans l'histoire des lieux.
Bien d'autres étapes ont ponctué ce tour de l'Ile :














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