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Covoituragement vôtre...

Longtemps, Laurent Citérin et Loïc Favreau ne se sont vus qu'au boulot. Maintenant, ils covoiturent.

Laurent Citérin et Loïc Favreau

Laurent Citérin et Loïc Favreau

Avant, ils parlaient ... plutôt boulot. Depuis quelques mois, c'est fou ce qu'ils se sont trouvé comme sujets de conversation. Matin et soir, Laurent et Loïc font la route ensemble. Comme un tiers des actifs travaillant sur la métropole nantaise, ils habitent en dehors de celle-ci, l'un à St-Philbert-de-Grand-Lieu, l'autre à St-Colomban.

Pour ce duo, les transports en commun, avec la distance et les horaires, ce n'est pas la meilleure solution. Alors, chacun prend sa propre voiture une semaine sur deux, et transporte l'autre. « Nous avons organisé ce covoiturage à la faveur d'une réorganisation de notre service qui nous a permis de synchroniser nos horaires de travail. Le prix du carburant a aussi été un déclencheur », confient les deux collègues.

Financièrement, il n'y a pas photo : chacun économise un plein par mois et 8 000 km d'usure mécanique. Mais alors, pourquoi habiter si loin de son travail ? « Certes, nous avons choisi la campagne pour le cadre de vie mais pas seulement : nous habitons à mi-chemin de mon travail, à Nantes, et de celui de ma femme, à Pornic », indique Laurent. Même argument de la part de Loïc, dont l'épouse pratique le covoiturage à trois vers la Chevrolière, et qui ajoute : « On se loge à l'extérieur de Nantes parce que c'est moins cher. Il y avait déjà une grosse différence quand j'ai fait construire, en 1985. Alors, aujourd'hui... »

En partant tôt le matin, les deux camarades évitent les bouchons, la pollution, et l'énervement sur le (trop rapidement complet) parking de l'entreprise. « J'ai lu que 72% des déplacements liés au travail se font en voiture. Avec un peu plus de covoiturage, il y en aurait moins sur les routes, on circulerait mieux », glisse Laurent. Sans parler de la diminution des rejets de dioxyde de carbone que cela entraînerait... D'accord, mais les contraintes du covoiturage ne sont-elles pas un frein ? « Il est vrai que l'autre doit toujours être au courant de vos horaires, de vos dates de vacances... Mais à deux, il est facile de se tenir informé. Le covoiturage à trois, pour l'avoir pratiqué, c'est moins facile à gérer ! », estime Loïc. Les deux amis ont convenu d'horaires et d'un trajet fixes. Pas de risque de fâcherie suite à la petite course impromptue de l'un qui ne devait durer que cinq minutes.

Les collègues nantais de Laurent et Loïc bénéficient du plan de mobilité d'entreprise qui facilite les déplacements sur le territoire de Nantes Métropole via les transports en commun. Pour ceux qui sont obligés de prendre la voiture, ils souhaiteraient voir se développer les aménagements facilitant le covoiturage. « On pourrait faire des aires de stationnement spécifiques ou des voies réservées aux véhicules avec plusieurs passagers, comme au Canada. » Pour développer le transport entre personnes qui se connaissent pas, il faut aussi faciliter l'accès au service. Le site www.covoiturage-nantesmetropole.fr y contribue.

Pour Laurent et Loïc, s'il n'y avait qu'un argument à retenir en faveur du covoiturage, ce serait celui de la solidarité conviviale. « Quand on est seul dans sa voiture, on est isolé, avec son petit pouvoir. À deux, la relation humaine change. » Faites passer ce message aux 80 % des conducteurs seuls dans leur auto : covoiturer, c'est la santé.

 

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