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Il fait tout pour l'éco-logis

Du gros oeuvre à la décoration, chez Elyan Cohin, il y a tout ce qu'il faut pour construire bio.

Elyan Cohin

Elyan Cohin

Huit ans au rayon bricolage dans la grande distribution lui ont appris «les ficelles du commerce et tout ce qu'il ne faut pas reproduire.» En parallèle, des années de militantisme pour la protection de l'environnement ont cimenté, à l'épreuve du terrain, une formidable envie de construire.

«Un jour, je ne me suis plus senti capable de faire un métier qui ne soit pas en accord avec mes convictions et le projet de société que je défends. Mon intérêt pour l'habitat écologique, c'est la suite logique d'un parcours.»
Elyan Cohin se forme chez les compagnons, à Saint-Sébastien-sur-Loire, mais, à 40 ans passés, son CAP de charpentier intéresse «moyennement » les entreprises. Il se tourne alors vers le négoce. «Bio-construction Matériaux» ouvre en janvier 2003 à la Chevrolière, déménage six mois plus tard à Rezé pour une boutique de 25 m2 avec le stock en campagne («sacrée gymnastique pour les clients !») avant de se poser, il y a quelques mois, route de Nantes, à Bouaye. Six cents mètres carrés de magasin et entrepôt, un vrai parking et, à l'accueil, Martin et Pénélope, les ânes du voisin «qui font tondeuses écologiques».

Commerce équitable. Après avoir couru les marchés et les salons pour se faire connaître, Elyan Cohin est en train de gagner son pari : «Mettre à la portée du plus grand nombre des matériaux d'éco-construction qui, de leur fabrication à leur mise en oeuvre ont le moins d'impact possible sur la nature et la qualité de vie dans la maison.»
Par souci de cohérence, Elyan Cohin tend à s'affranchir des réseaux de distribution et à sélectionner des fournisseurs travaillant en France : «Les matériaux d'isolation, par exemple : le chanvre vient de Chemillé, la laine de mouton de Mazamet, la fibre de bois de Casteljaloux...»
Pas évidente pour autant la pratique du commerce équitable. « Ici, pas de carte de fidélité ou de vente à prix coûtant. Certains ont parfois du mal à comprendre que lorsque j'avance un prix, il correspond à la réalité économique de mon activité. Mes tarifs sont transparents. Les seules remises que je pratique sont celles consenties par les fournisseurs sur les grosses quantités.»
Alors, au final, une maison bio, ça coûte plus cher ? «L'habitat écologique ne se limite pas au choix des matériaux. C'est le projet dans son ensemble qui doit être étudié avec un architecte ou des artisans convaincus. Mais je soutiens qu'à budget égal, on peut construire une maison bio de meilleure qualité qu'une habitation conventionnelle.» Il dit : «Une maison saine de 100 m2 à 100 000 euros, c'est possible.»
Manifestement, la recherche d'un habitat sain fait son chemin dans les consciences. «Les gens qui viennent demander conseil sont déjà bien informés. Ce secteur d'activité se développe. Maintenant, les collectivités doivent s'engager. Là encore, il y a trop de décalage entre les discours, l'idéologie et la pratique. Communiquer sur une démarche de haute qualité environnementale pour construire des bâtiments en béton et en laine de verre, c'est un non-sens.»
 

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